PSA devrait annoncer, ce vendredi 20 juillet 2012, l’attribution d’un nouveau véhicule, le K-Zéro, au site d’Hordain. Une annonce faite à un moment où se négocient des accords de compétitivité, qui pourraient faire jurisprudence dans le groupe.
Le sort de l’usine PSA Sevelnord se jouera en partie en cette fin de semaine de juillet. C’est en effet ce 20 juillet, en marge de la réunion de la commission paritaire stratégique au conseil régional du Nord Pas-de-Calais, que PSA pourrait annoncer l’attribution du K-Zéro au site d’Hordain. Ce nom de code désigne le futur véhicule utilitaire, qui remplacera à partir de 2016 les actuels Peugeot Expert, Citroën Jumpy et Fiat Scudo.
Contrairement à ces trois modèles, le K-Zéro sera entièrement conçu par PSA. Le désengagement de Fiat a été confirmé la semaine dernière. D’ici la fin de l’année, le groupe français rachètera la moitié des parts de l’Italien dans le site nordiste, qui deviendra alors propriété à 100% de PSA.
Les syndicats restent cependant prudents. PSA n’a pour le moment pas trouvé de partenaire pour produire le K-Zéro, les négociations se poursuivent. "Je n’ai pas de certitudes, mais de bons espoirs" expliquait le 12 juillet le président du directoire de PSA, Philippe Varin.
Toyota serait sur les rangs : le Japonais devrait devenir client de Sevelnord dès l’année prochaine, pour l’achat de véhicules rebadgés. Pour les syndicats, le partenariat le plus probable se nomme General Motors. "Si ce partenariat est signé, ce ne sera pas avant 2017, date où l’Alliance prendra en compte la production commune d’utilitaires" tempère un représentant des salariés.
Deux ans de gel de salaires
D’ici là, PSA va devoir faire seul et demande un effort à ses salariés. Car si la recherche d’un partenaire les préoccupe, les négociations sur un accord de compétitivité sont au cœur de toutes les discussions. Cet accord est l’une des conditions, posées par la direction du groupe, pour le maintien de l’activité à Sevelnord. Les négociations portent actuellement sur la perte de 5 jours de RTT, le gel des salaires pendant deux ans et un assouplissement du temps de travail, avec par exemple des heures supplémentaires, décidées au dernier moment.
Ces concessions rappellent celles consenties au printemps par les salariés britanniques du site Opel d’Ellesmere Port. Elles leur avaient permis de sauver leur usine et se voir attribuer la production de la prochaine génération de la compacte Astra. "Certaines dispositions sont difficiles à accepter pour les salariés", précise un syndicaliste qui participe aux négociations.
Les organisations maintiennent la pression sur la direction. Une délégation de la CFE-CGC se rendait ce jeudi 19 juillet sur le site. D’autres membres de l’unité syndicale de Sevelnord ont remis au journal L’Humanité la copie de documents de travail sur les négociations. "Le présent accord n’aura vocation à s’appliquer qu’à la condition que Sevelnord soit désigné par le groupe PSA Peugeot Citroën comme le site de production du projet de véhicule intitulé K-Zéro", peut-on lire dans les documents.
Au-delà du cas Sevelnord, cet accord de compétitivité inquiète salariés et syndicats. "Si cet accord est signé, il servira de base pour le groupe, alerte un représentant syndical. On pourrait bien le retrouver ensuite sur d’autres sites, à Rennes par exemple".











