La Commission promet un soutien accru aux PME relevant de «clusters»
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
La crise économique ne doit en aucun cas pénaliser l'investissement en recherche et innovation de l'Europe: parole du commissaire européen Günter Verheugen.
Devant 400 représentants de la R&D européenne réunis à Sophia Antipolis, les 13 et 14 novembre, pour le 4ème forum annuel des pôles de compétitivité, un double constat a été souligné. Désormais, l'activité de plus du tiers de la main d'œuvre européenne (38%) relève de la dynamique de « clusters », groupements régionaux d'industries, de services et de centres de recherche. Mais sur les 2000 clusters (dont les 71 pôles de compétitivité français) recensés à ce jour en Europe, seuls 10% d'entre eux ont un impact réel sur le développement économique de leur région d'implantation du fait de leur taille ou de leur expertise. Pour la Commission, la priorité doit donc aller au soutien des meilleurs: ceux susceptibles d'accéder au plus tôt au premier rang mondial dans leur domaine. En s'appuyant notamment sur des coopérations entre clusters d'ores et déjà amorcées (dans les secteurs de l'aéronautique, des matériaux composites, de la santé ou de l'informatique de pointe, par exemple).15 M€ pour accompagner le développement des clusters européens
Bruxelles va ainsi favoriser les coopérations transnationales (sectorielles et technologiques) entre clusters de l'UE, développer un service d'informations aux pôles (au sein de l'observatoire européen des clusters) et proposer des formations « manager de cluster ». Enfin, un groupe d'une vingtaine d'experts sera notamment chargé de définir une vision stratégique et d'élaborer un label de qualité des clusters européens.
M.M.
A la veille de la réunion à Paris des 27 ministres chargés des politiques d'innovation, c'est ce qu'est venu soutenir à Sophia Antipolis, Günter Verheugen, vice-président de la Commission européenne chargé des entreprises et de l'industrie. « Nous devons passer du stade du networking à une phase de partenariat actif », insiste le Commissaire. En France, la Direction générale des entreprises (DGE du ministère de Christine Lagarde) suit la même ligne pour la phase 2 des pôles de compétitivité amorcée depuis l'été 2008, qui prône notamment la mutualisation d'équipements et d'infrastructures sous forme de plate-formes d'innovation. L'autre axe prioritaire consiste à renforcer le soutien aux PME innovantes « afin de renouveler le tissu industriel », tient à rappeler Luc Rousseau (DGE). Pour la Commission, la période de récession qui s'amorce ne doit en rien modifier ces orientations stratégiques. Bien au contraire.
30 milliards d'euros fléchés vers les PME innovantes
« Couper les investissements en R&D, c'est se couper du futur », martèle Günter Verheugen. Et de flécher l'aide européenne aux clusters vers ce qui leur permet d'être plus efficaces sur ces deux plans: coopérations transnationales et services sur mesure de support aux PME. « La Commission n'a pas l'ambition de dicter aux Etats membres où et comment investir. Elle souhaite les aider à utiliser aux mieux les instruments communautaires », rappelle le Commissaire. Financement à l'appui : au delà des 86 milliards d'euros dédiés à la recherche et l'innovation (PCRD 2007-2013), la Banque européenne d'investissement a prévu pour l'an prochain de financer l'innovation des PME à hauteur de 30 milliards d'euros.
Anne-Marie Rouzeré
Photo : Günter Verheugen, vice-président de la Commission européenne chargé des entreprises et de l'industrie, Luc Rousseau, DGE et le sénateur Pierre Laffitte (Fondation Sophia Antipolis, organisateur du Forum des pôles de compétitivité)
En savoir plus : « Vers des clusters de classe mondiale dans l'Union européenne » : une communication de la Commission européenne (17/10/2008)

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