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La Cobreco lutte pour conserver le thon à Douarnenez

Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Arok-Gael-kerbaol

La conserverie bretonne lance sous sa marque Arok une nouvelle référence élaborée grâce à une maîtrise technologique des barèmes de stérilisation.

C'est désormais chose connue : le Breton est (un peu) têtu. A l'heure où les conserveries de thon ont migré depuis quelques années vers l'Afrique, la Cobreco persiste à vouloir produire ses conserves de thon albacore au naturel en Bretagne. « Ce statut de village gaulois qui résiste nous va bien, explique Bertrand Ziegler, son directeur général. Nous nous sommes maintenus sur un marché difficile et concurrentiel, sans délocaliser et en maintenant 150 emplois dans notre usine. Pérenniser notre activité sur Douarnenez est notre objectif permanent ».

La Cobreco (28 millions d'euros de chiffre d'affaires) est l'un des trois derniers représentants de l'industrie de la conserve de poissons qui a fait les riches heures de Douarnenez, petit port du Finistère. Au début du siècle, la ville ne comptait pas moins de quarante conserveries !

Seules subsistent aujourd'hui l'entreprise Paulet (Petit Navire), mais qui ne produit plus que des salades traiteurs en Bretagne alors que la production de thon a été délocalisée, la conserverie Chancerelle (les sardines et maquereaux Connétable) et la Cobreco (Compagnie bretonne de la Coquille Saint-Jacques). Cette dernière est issue du regroupement en 1986 des conserveries Jacq et Arok. Le fondateur d'Arok, René Gourlaouen a progressivement passé la main à des actionnaires italiens, La Nueva Castelli.

La société est spécialisée sur trois types de produits : conserves de crustacés (moules, calamars, encornet...), de noix de Saint-Jacques et de thon. Plus de 26 millions de boîtes sortent de ses lignes de production chaque année, majoritairement du thon sous marques de distributeurs (environ 60 % du chiffre d'affaires).

Arok à l'assaut du Petit Navire

Grâce à une technique brevetée d'emboîtage, la marque est la seule à proposer des boîtes de thon dans lesquelles ont trouve de véritables tranches, et pas du « pâté » de thon, comme chez la concurrence, souligne-t-on avec une pointe de dédain chez le douarneniste.

Et comme il ne s'agit pas d'être têtu à moitié, le groupe lance une nouvelle référence de thon au naturel sous sa marque Arok, à l'assaut des poids lourds Petit Navire et Saupiquet. Grâce à une maîtrise fine des barèmes de stérilisation dans de nouveaux autoclaves rotatifs, le produit est sensiblement plus tendre et moins sec dans l'assiette du consommateur. Les douarnenistes seront les premiers à la goûter : la conserverie va leur distribuer quelques 16 000 boîtes dans les prochaines jours.

Patrick Déniel

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