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La chimie du végétal se frotte les mains

Par O. J. - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3195

Pour la plupart des industriels, Reach rime avec coûts et contraintes. Mais pour les producteurs de substances issues des végétaux, la nouvelle réglementation ouvre des opportunités inattendues...

Les industriels de la filière végétale seraient-ils les seuls gagnants de l'application de la réglementation Reach ? Il faut le croire. « A court terme, Reach représente de nombreuses contraintes, assure Christophe Rupp-Dahlem, le président de l'association chimie du végétal et directeur de programme au sein du groupe Roquette. Mais cette réglementation est un accélérateur pour la mise sur le marché de certaines de nos molécules. »

Les industriels de la filière végétale sont soumis aux mêmes échéances que les industriels de la chimie « classique » pour l'enregistrement des substances qu'ils produisent. Mais ils voient dans la liste des molécules qui pourraient être reconnues « très préoccupantes » par l'Agence européenne des produits chimiques (Echa) l'opportunité d'offrir des solutions de substitutions « biosourcées ».

INFORMER SUR LES ALTERNATIVES POSSIBLES

C'est le cas de Roquette, membre du pôle de compétitivité Industrie Agro-Ressources (IAR), qui vient de lancer l'action collective Vegereach. Financé notamment par la région Picardie, cet outil vise à informer, grâce à des fiches de substitution, les industriels des alternatives possibles aux substances qui pourraient être interdites dans les prochaines années. Exemple symptomatique : les phtalates, qui représentent un marché d'environ 1 milliard d'euros en Europe et qui ont fait l'objet de la première fiche de Vegereach. Ils sont utilisés dans la fabrication des revêtements de sols en PVC, les tuyaux, les rideaux de douche, les vernis à ongles ou bien encore les peintures. « Ils peuvent être remplacés par le diester d'isosorbide, une molécule issue des céréales », explique Christophe Rupp-Dahlem.

D'autres acteurs comme Vandeputte Oleochemical et Novance proposent leurs solutions de rechange, à base d'esters d'acides gras qui pour-raient provenir du lin. « Reach va sans aucun doute booster l'intérêt de ces molécules aux yeux des industriels », s'enthousiasme Christophe Rupp-Dahlem. Le suisse Forbo se dit intéressé par ces alternatives et compte mettre prochainement en oeuvre des bioplastifiants dans le cycle de production de ses revêtements de sol.

Pour inciter d'autres industriels à s'engager dans cette voie, Vegereach lancera en septembre un annuaire électronique des bioproduits. Cet outil en accès libre regroupera les coordonnées de fournisseurs et les fiches techniques des produits biosourcés.


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