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"La CGT réclame une table ronde sur la sous-traitance nucléaire"

Par Barbara Leblanc - Publié le
Areva
© D.R.

  La filière sous-traitance nucléaire remet ce 22 septembre une pétition au ministre de l’Industrie, Eric Besson. Le document conteste les conditions de travail des 35 000 salariés. Laurent Langlard, porte-parole de la Fédération Nationale Mines-Énergie - CGT, revient sur ce mouvement pour L’Usine Nouvelle.

L'Usine Nouvelle - En quoi consiste exactement votre mouvement d’aujourd’hui ?
Laurent Langlard - Là, nous avons récupéré à Paris 13 000 pétitions signées. Au niveau national, on en dénombre 17 000. Soit des signatures de la part d’un salarié sur deux de la sous-traitance nucléaire. Nous allons apporter ces pétitions à 13 h au ministère de l’Industrie. Parallèlement, les 19 sites nucléaires français ont été ou sont encore bloqués. Que cela soit au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) à Saclay ou sur le site Areva de la Hague, ces sites hautement symboliques.

Qu’est-ce que vous contestez précisément ?
Nous dénonçons comme les fois précédentes l’organisation de la sous-traitance dans le domaine du nucléaire. Et avant tout la question salariale. La situation de la filière est déplorable dans le pays et il faudrait que les pouvoirs publics et les industriels concernés l’entendent. Il n’est pas normal que dans une centrale les 400 employés ne dépendent pas d’EDF, car l’électricien a externalisé une grande partie des tâches. Il faut que le groupe soit capable de faire des choix industriels clairs car les salariés ne sont pas dupes.

Justement, dans les rapports rendus à l’Autorité de sûreté nucléaire la semaine dernière dans le cadre des stress tests, EDF a signalé qu’il entendait revoir son système de sous-traitance…
Oui, c’est vrai. Le groupe souhaite avoir désormais trois niveaux de sous-traitance. Mais c’est déjà trois de trop ! Actuellement, l’'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) en dénombre huit niveaux. Nous, nous étions à six.

Mais appelez vous à la fin de la sous-traitance dans le domaine ?
Il y a bien sûr des activités pour lesquelles la sous-traitance est obligatoire. Par exemple, lorsqu’on installe des alternateurs Alstom. Mais quand on fait de l’électricité ou de la chaudronnerie par exemple, ce sont des techniques spécifiques à EDF qui ne peuvent être traitées que par ce groupe. Il faut que l’industriel prenne la responsabilité de ses sites. Ce n’est pas aux salariés sous-traitants de le faire. Le groupe doit assurer la garantie de ses installations aux Français.

Que réclamez-vous concrètement à Eric Besson, ministre de l’Industrie à travers votre mobilisation ?
Nous souhaitons notamment la tenue d’une table ronde sur le sujet, réunissant les employeurs (Areva, EDF, CEA entre autres), les syndicats et l’Etat. L’objectif est de revenir sur les conditions dans lesquelles la sous-traitance nucléaire doit être organisée en France. Car ce dumping social est inacceptable.

Que vous répond l’Etat en général lorsque vous abordez ces idées ?
Il n’est pas très clair. Il faut dire qu’il est actionnaire d’Areva comme d’EDF et que le CEA c’est lui. Mais il ne prend pas ses responsabilités et nous avons l’impression qu’il ne réalise pas que le nucléaire, ce n’est pas comme vendre des petits pois. La filière a besoin d’investissements, de rigueur et que les salariés soient traités de manière correcte.

Petition Nationale 1 1

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