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"La CGT Energie réclame au Président une discussion sur l'avenir du nucléaire"

Par Astrid Gouzik - Publié le
Centrale Nucléaire
© DR

  Le président de la République en visite au Tricastin a renouvelé le 25 novembre son soutien aux industriels de la filière nucléaire. Marie-Claire Cailletaud, porte-parole du CGT Mines énergie, invite le président à écouter les propositions des syndicats.

L'Usine Nouvelle - Qu'avez-vous pensé du discours du président en déplacement dans le Vaucluse et la Drôme ?
Marie- Claire Cailletaud -
Nous avons surtout compris, suite à ce discours, que Nicolas Sarkozy voulait faire de la question du nucléaire un marqueur dans la course à la présidentielle. Il a saisi l’opportunité de l’accord entre le PS et EELV.

Mais il ne faut pas oublier que l’état de la filière n’est pas brillant. C’est le résultat des politiques de libéralisation du gouvernement. Si Nicolas Sarkozy veut réellement d’une filière qui fonctionne bien et de manière sûre, nous le prenons au mot. Ce qu’on lui répond ? "Ouvrez des négociations sur la sous-traitance". Car aujourd’hui la sûreté dans le nucléaire dépend du facteur humain : donc de l’organisation du travail, des conditions de travail. Et nous ne sommes pas les seuls à le dire.

Il affirme que renoncer au nucléaire serait une folie. Quelle est votre position ?
Sur l’argumentaire du président, nous sommes d’accord (le prix de l’électricité, la sécurité dans les centrales) ! Nous sommes ni pour ni contre le nucléaire. Nous voulons seulement savoir quelle politique énergétique on adopte si on décide de sortir du nucléaire. Vers quelle solution se tourner pour ne pas augmenter les émissions de CO2 et les tarifs de l’électricité.

Donc pour nous, la solution réaliste pour le moment, c’est qu’une sortie du nucléaire n’est pas envisageable. C’est ce qui nous fait dire que l’accord PS-EELV n'est pas rationnel.

Justement, le président de la République n’a-t-il pas pris le nucléaire pour prétexte afin de tacler la gauche ?
Probablement. De notre côté, nous sommes très inquiets suite à cet accord qui prévoit une sortie du nucléaire sans toutefois définir de moyens de substitution. Si on suit cet accord, les émissions de CO2 vont augmenter, les prix aussi, les emplois en revanche vont diminuer.

Le président-candidat se saisit de ce dossier du nucléaire et se pose en défenseur du nucléaire ? Parfait ! On se met autour de la table, on discute et on se met d’accord sur le problème de la sous-traitance.

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