La CGT d’Alstom Belfort en appelle à Valérie Pécresse
Par Rémy Maucourt - Publié le
DOCUMENTS Le syndicat dénonce dans une lettre envoyée le 10 août à la ministre du Budget une réduction des activités d'Alstom Power Systems (APS).
Les salariés du site Alstom de Belfort s'attendent à voir leur usine disparaître. Jacques Rambur, secrétaire de la section CGT locale, est persuadé que c'est la volonté de la direction du groupe : "visiblement, ils ont envie de se séparer de notre site".
Or Alstom s'était engagé à ne pas le faire, lors de la fusion avec Alstom Power Systems (APS), en avril 2010. Cette filiale étant lourdement déficitaire, un accord avait été passé avec le gouvernement : le maintien de l'activité pour trois ans, en échange d'un agrément fiscal de 66 millions d'euros. "Un cadeau royal" pour Jacques Rambur.
Quelques mois après cet accord, la direction d'Alstom a annoncé un plan de restructuration. 100 emplois supprimés à Belfort. Fin juillet 2011, un autre projet est évoqué lors d'un CCE, qui pourrait aboutir à 77 licenciements supplémentaires.
Après de multiples recours, le syndicat CGT d'Alstom Belfort a décidé de prendre à parti la ministre du Budget, Valérie Pécresse. Dans une lettre, ils lui demandent d'obliger Alstom à respecter ses engagements, et en cas de refus, d'exiger le remboursement des 66 millions. Si la ministre ne répond pas à ce courrier dans un délai de deux mois, les syndicalistes comptent porter l'affaire devant le tribunal administratif.
Un argument marquant est utilisé par la CGT : "nous sommes le dernier site français de production de groupe turbo-alternateur pour centrale électrique." Jacques Rambur insiste sur ce point : si ce n'est pas pour sauver les emplois, le maintien du site permet de sauvegarder une capacité de production spécifique.

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