"La CAO connaîtra trois grandes avancées techniques ces prochaines années"
Par Mirel Scherer - Publié le
L'éditeur américain PTC a réuni du 12 au 15 juin à Las Vegas (Etats-Unis) les aficionados de ses solutions de CAO (conception assistée par ordinateur) et PLM (gestion du cycle de vie du produit). Entretien avec Mike Campbell, Vice-président Creo product development de PTC.
L'Usine Nouvelle - Quelles sont les deux ou trois évolutions techniques majeures d'ici deux ou trois ans pour la CAO qu'attendent avec impatience les bureaux d'études ?
Mike Campbell - Je pense que la CAO connaîtra trois grandes avancées techniques au cours des deux ou trois années à venir. Premièrement, un nombre de plus en plus grand de non-spécialistes de la CAO pourra travailler au sein des équipes de développement de produits grâce à la disponibilité d'outils plus faciles à utiliser et dédiés à leur métier. Outre la visualisation, la plupart des outils de modélisation 3D actuellement disponibles exigent que l'utilisateur maîtrise la conception 3D, la simulation, la programmation de la commande numérique des machines-outils, etc. Voire qu'il soit à la fois un expert de la CAO et dans son domaine pour pouvoir tirer parti du modèle d'un produit. Cela changera avec l'émergence de nouvelles technologies intégrant des fonctionnalités spécifiques à un rôle utilisateur donné dans le cadre d'une approche rationalisée.
Ensuite, comme aucun fournisseur unique ne domine le marché, l'interopérabilité entre les outils de CAO représentera une avancée technologique majeure au cours des deux ou trois années à venir. Les clients pourront travailler beaucoup plus facilement avec des données provenant de plusieurs sources et formats de CAO. Notamment grâce à l'avènement des technologies de modélisation directe dans la palette d'outils de conception standard.
Enfin, la CAO et le PLM fourniront aux ingénieurs un environnement fonctionnel plus riche qui leur permettra de mener à bien leurs activités. Avec une rapidité et une précision améliorées.
De nombreux aspects de l'ingénierie requièrent les données géométriques et les métadonnées (l'ensemble des informations techniques et descriptives ajoutées aux documents pour mieux les qualifier, ndlr) de la conception…
Effectivement. Comme par exemple, l'évaluation des coûts, la conformité aux normes de sécurité, la détection des matières dangereuses, l'empreinte carbone, etc. Les métadonnées et la géométrie réelle de la conception sont nécessaires pour chiffrer la plupart de ces facteurs. La tendance pour les deux ou trois années à venir sera de prendre en compte ces deux aspects afin d'améliorer les informations pouvant étayer les décisions des ingénieurs.
Comment faire pour que le modèle CAO d'une pièce puisse être usiné directement sans "bricolage" ?
Dans de nombreux environnements industriels, nous commençons à voir apparaître des modèles utilisés directement pour la fabrication. Avec peu de tolérancement supplémentaire, voire aucun. Par exemple, la production d'additifs, la tôlerie, le prototypage rapide, etc.
Dans le secteur de la fabrication traditionnelle, le tolérancement reste essentiel pour prendre en compte certains aspects. Tels que les tolérances d'usinage et de réglage en fonction des matériaux, des machines, de l'usure des outils... Les spécialistes des techniques de fabrication sont généralement des experts dans ce domaine et nous pensons que certaines entreprises chercheront à intégrer leur savoir-faire en amont du processus de conception. La meilleure façon pour elles d'y parvenir serait d'enrichir les fonctions d'usinage en utilisant des informations de tolérancement spécifiques à un site industriel particulier.
Il est aussi indispensable de pouvoir gérer la notion de modèle calculé en tenant compte des ses tolérances. C'est une des capacités de Pro/Engineer (Creo) depuis son lancement en 1985. Chaque dimension du modèle peut être affichée en fonction de sa tolérance. Le modèle est exploitable directement pour l'usinage dans un format natif ou exporté en format de fichier IGES, STEP…
La mise en place d'un PLM reste encore un véritable parcours du combattant. Comment peut-elle être simplifiée ?
Le cycle de vie des produits constitue souvent un sujet de discussion épineux pour nombre d'entreprises. Leur approche n'est généralement pas documentée. Ni parfaitement comprise en interne. Plusieurs divisions peuvent même appliquer des processus différents. C'est pourquoi l'environnement existant des clients peut s'avérer complexe.
Il existe deux façons pour les fournisseurs de simplifier la mise en œuvre. La première consiste à recommander une approche par paliers, avec pour premier résultat une amélioration significative des processus. La seconde est d'employer une approche basée sur des modèles de processus afin de tirer parti des connaissances et de l'expérience existantes.
La richesse de la panoplie d'outils de Siemens (informatique industrielle et automatismes) peut-elle être égalée ?
Aucun fournisseur ne détient à lui seul plus de 20 % de parts de marché. En d'autres termes, 80 % des entreprises n'ont pas sélectionné de fournisseur prédominant. Cette situation est idéale pour les clients, car ils pourront tirer parti des innovations technologiques des grandes comme des petites entreprises pour fournir des solutions inédites ou relever les principaux défis du secteur.
Bien souvent, pour les entreprises, ce n'est pas la diversité des outils qui compte, mais la capacité d'un fournisseur à résoudre de la meilleure façon possible leurs problèmes. C'est là qu'interviennent généralement les solutions de l'écosystème PTC…











