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La bataille pour le second contrat Galileo est lancée

Par Hassan Meddah - Publié le
Galileo
© D.R.

La filiale spatiale d’EADS a remis une proposition à l'agence spatiale européenne (ESA) pour une 2ème tranche de 6 à 8 satellites Galileo. Elle estime pourtant ses chances minimes face au concurrent allemand OHB, qui a déjà gagné la première tranche.

Une candidature pour la forme? A entendre les dirigeants d'Astrium, leur participation à l'appel d'offre de l'union européenne pour la fabrication de la seconde tranche des satellites Galileo serait symbolique. D'ailleurs, le groupe a hésité jusqu'à la dernière minute à concourir tant il estime ses chances extrêmement faibles.

"Nous partons avec un handicap très important. Notre principal concurrent a déjà déployé une chaine d'assemblage industrielle qu'il peut amortir sur la fabrication des quatorze premiers satellites", s'exprimait un dirigeant d'Astrium en marge du séminaire "Perspectives spatiales 2012" organisé mardi dernier, à Paris, par la société de conseil Euroconsult.

Au vu du contenu technique de l'appel d'offres, l'industriel européen ne croit guère en sa capacité de faire une offre plus compétitive que son concurrent allemand OHB. Selon le dirigeant, la commission européenne n'a en effet rien fait pour tenter de faire émerger une seconde source industrielle: "La demande technique est quasiment la même que lors du premier appel d'offres. Il y a très peu de nouveaux développements à faire", regrette-t-il.

De fait, elle favoriserait le fournisseur retenu en janvier 2010 lors du premier appel d'offre. A cette occasion, OHB avait remporté le contrat de fabrication des 14 premiers satellites pour un montant de 566 millions d'euros, soit un prix inférieur de 100 millions de moins par rapport à celui d’Astrium, pourtant grandissime favori de la compétition.

Un contrat de 200 millions d'euros

Un nouveau boulevard s'ouvre donc à l’entreprise familiale basée à Brême. D'autant plus que l'autre ténor européen du secteur spatial, Thales Alenia Space, a décidé de ne pas concourir en son nom mais simplement en tant que partenaire d'Astrium.

L'agence spatiale européenne (ESA) confirme pour sa part avoir reçu début décembre les offres d'Astrium et d'OHB. "Nous sommes en cours d'évaluation des offres. Nous avons demandé aux industriels de nous faire le meilleur prix pour la fabrication de 6 ou 8 satellites. Si le surcoût pour les deux satellites supplémentaires reste raisonnable, le contrat portera sur 8 satellites. Aucun montant n'a été alloué à ce contrat pour l'instant", précise-t-on à la direction de l'ESA.

L'objectif pour l'agence est de transmettre son avis technique à la Commission courant janvier pour une signature de contrat avec l'industriel début février. Selon des acteurs proches du dossier, ce contrat devrait avoisiner les 200 millions d'euros. L'ESA rejette les critiques d'Astrium de ne pas avoir favorisé une double source industrielle. "Rien n'empêche les industriels de faire une meilleure offre que celle qui avait été proposée la dernière fois".

OHB apparaît donc comme le vainqueur tout désigné de cette compétition. "Nous avons proposé une offre cohérente avec celle que nous avions faite précédemment", nous a précisé Alain Bories directeur de la stratégie et du développement d'OHB.

Astrium n'a toutefois pas tout perdu dans l'aventure Galileo. D'une part parce sa filiale britannique SSTL est un partenaire majeur d'OHB et lui fournit la charge utile des satellites de navigation. Et d'autre part, elle conclut en ce moment un contrat avec l'ESA pour adapter la fusée Ariane pour qu'elle puisse en complément des fusées Soyouz lancer également les satellites de navigation.

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