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La bataille du diabète se joue dans les dispositifs médicaux

Par Gaëlle Fleitour - Publié le
Diabète
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Alors que le prix des insulines devrait diminuer de 5% en France, les laboratoires pharmaceutiques se lancent dans d'autres segments jugés plus rentables dans le traitement du diabète. Comme le matériel médical.

Lundi 14 novembre, c'est la journée mondiale du diabète. Cette maladie chronique concerne pas moins de 367 millions de malades. Alors que les prévisions réalisées il y a dix ans ne prédisaient que 280 millions de diabétiques ! En croissance de 4 à 6% chaque année, la maladie gagne du terrain… pour le plus grand profit de l'industrie pharmaceutique. Car pour prévenir les complications liées au diabète (cécité, amputation, accident vasculaire cérébral…), le traitement nécessite de combiner régime équilibré, exercice physique et médicaments.

Produit phare du traitement contre le diabète, l'insuline - une hormone traditionnellement sécrétée par le pancréas mais dont les diabétiques manquent, suscitant une hausse de la glycémie - est un marché sur lequel s'affrontent trois big pharmas. Si l'américain Lilly a été le premier à s'y engager, en produisant industriellement de l'insuline dès 1923 - soit deux ans après sa découverte -, le leader du secteur est aujourd'hui Novo Nordisk. Le troisième est Sanofi.

Pas encore d'insuline à injection hebdomadaire

Le laboratoire danois (8 milliards d'euros de chiffre d'affaires) dispose d'une usine à Chartres spécialisée dans la production d'insuline. Il affirme traiter 51% des patients diabétiques. "La diabétologie représente les trois quarts de nos activités, explique Krisja Vermeylen, directrice générale de Novo Nordisk France. Nous avons le portefeuille le plus étendu de l'industrie pharmaceutique dans ce domaine." Son ambition ? "Arriver à des molécules encore plus physiologiques, qui suivent les courbes de l'insuline naturelle."

Mais les traitements ne nécessitant qu'une injection hebdomadaire d'insuline ne sont pas pour aujourd'hui, affirme-t-elle. Il faudra donc se contenter de la nouvelle insuline basale (nécessaire pour maintenir l'équilibre métabolique en l'absence de tout repas), à injecter à n'importe quel moment de la journée, que Novo Nordisk espère lancer en 2013 en France.

L'américain Lilly, lui aussi, produit de l'insuline en France, dans son plus important site de production, installé dans le Bas-Rhin. 27% des 23 milliards de dollars de son chiffre d'affaires sont issus de la diabétologie. Ainsi que 20% des 70 molécules du pipeline, dont 4 en dernière phase de développement. Telles deux insulines lentes, développées avec son concurrent Boehringer Ingelheim dans le cadre d'un partenariat noué en janvier. Mais ce sont surtout sur les traitements oraux, comme de nouvelles classes d'inhibiteurs, que compte Lilly pour assurer sa croissance... afin de compenser la décision récente du Comité économique des produits de santé (CEPS) de baisser le prix des insulines de 5% !

Les systèmes de gestion de l'insuline, un marché en croissance de 12%

Cette baisse des prix a pris les laboratoires de court. Ils se tournent donc désormais vers d'autres segments plus rentables, comme les dispositifs médicaux. Car le marché mondial des systèmes de gestion de l'insuline, notamment les pompes à insuline et les moniteurs continus du glucose, représentait 1,01 milliard de dollars en 2009 et devrait se développer à un taux de croissance de 12 % par an, selon une récente étude du cabinet Frost & Sullivan. Lilly a donc signé un partenariat avec Medtronic, le leader de la pompe à insuline et du lecteur de mesure de contrôle en continu.

"Ensemble, pour développer nos marques et le potentiel du marché des pompes à insuline, nous allons mener des opérations auprès des services hospitaliers", annonce Laurent Doucet, directeur de la "business unit" diabète de Lilly France. Un partenariat test a été conclu pour le Canada et l'Angleterre et la France, un pays où  25 000 patients sont sous pompe. Sur le même créneau, Roche a racheté en 2010 pour plus de 160 millions de dollars Medingo, une société qui prépare pour 2012 la commercialisation d'une pompe patch à insuline semi-jetable.

Quant à Sanofi, le troisième acteur du marché de l'insuline, il a également pris le virage des dispositifs médicaux. Le groupe français a sorti cette année sa première gamme de lecteurs de glycémie, dont l'un (au prix de 73 euros) est connectable à un iPhone ou un iPod touch. En exploitant une application gratuite de carnet de suivi électronique et des systèmes d'alertes, il vise ainsi à simplifier la vie des diabétiques traités par insuline.

"Nous avons la conviction que le médicament est indispensable, tout comme l'accompagnement par le dispositif médical", justifie Claire Viguier-Petit, directeur des opérations diabète de Sanofi France. Après avoir connu un bug à son lancement, l'application est désormais rodée. Et devrait s'accompagner en 2014 d'une solution de télémédecine…

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