La banque centrale indienne privilégie la croissance
Publié lepar Tony Munroe et Aradhana Aravindan
BOMBAY (Reuters) - L'Inde a réduit d'un demi-point mardi le taux des réserves obligatoires pour les banques, afin de détendre le marché monétaire, ce qui témoigne d'un changement d'orientation en faveur de la croissance après deux années de priorité à la lutte contre l'inflation.
La Banque de Réserve d'Inde (RBI) a ramené le taux des RO à 5,50% et maintenu à nouveau son taux d'intervention à 8,50%, un statu quo qui était attendu. La banque centrale avait augmenté les taux à 13 reprises de mars 2010 à octobre 2011.
La réduction des RO libérera autour de 320 milliards de roupies (6,4 milliards de dollars) dans le système bancaire.
"L'équilibre croissance-inflation de la politique monétaire penche désormais du côté de la croissance, tout en s'assurant que les tensions inflationnistes restent contenues", a déclaré Duvvuri Subbarao, gouverneur de la RBI.
De fait, l'évolution de l'inflation rend prématurée toute baisse du taux d'intervention, a-t-il ajouté, décevant des marchés qui attendaient mieux au point de vue détente monétaire.
"La RBI a dit sans ambiguïté que les préoccupations de croissance avaient la priorité en dépit de tensions inflationnistes latentes", commente Sumedh Deorukhar, économiste chez BBVA à Bombay. Il anticipe une baisse d'un quart de point du taux d'intervention lors du prochain examen de la RBI, le 15 mars. Il projette une réduction combinée totale de 150 points de base d'ici la fin de l'année.
Le taux d'inflation annuel, mesuré par l'indice des prix de gros, a ralenti à un plus bas de deux ans de 7,47% en décembre, grâce à une forte décrue des prix alimentaires.
Les répercussions du taux de change sur l'inflation sont également une préoccupation de la RBI. La baisse de 16% de la roupie en 2011 crée de l'inflation importée.
La RBI a par ailleurs abaissé, comme prévu, sa prévision de croissance pour l'exercice budgétaire clos fin mars, à 7% contre 7,6%, et 8,5% constatés durant le précédent exercice budgétaire. Elle n'a pas modifié son objectif d'inflation qui est de 7%.
Benoit Van Overstraeten et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Danielle Rouquié
Les articles liés :
la Grèce et l'euro : les pistes envisageables
Tandis que certains responsables européens semblent déterminés à conjurer une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, le sujet n'est plus un tabou et est ouvertement évoqué par d'autres, exaspérés par l'impasse politique dans le […]
Le spectre de 2011 plane sur le rally des actifs risqués
par Raoul Sachs PARIS (Reuters) - Les actifs risqués (actions, dette privée et dette souveraine des pays fragiles de la zone euro) ont connu une remontée rapide et spectaculaire depuis le début de l'année, mais le souvenir des […]
Les euro-obligations au coeur du Conseil européen
par Yves Clarisse et Elizabeth Pineau PARIS (Reuters) - François Hollande tente ce mercredi de convaincre ses partenaires européens, Angela Merkel en tête, d'ouvrir la porte au lancement à terme d'euro-obligations pour mutualiser la […]

dans la même rubrique
26/05/2012 La sémantique de l'industrie26/05/2012 L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman
26/05/2012 "Je suis fasciné par les technologies sans fil"












