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La Matinale de l'Industrie

L’usine Lubrizol de Rouen fait planer une odeur de gaz

Par  - Mis à jour le 22 janvier 2013, à 14h52 - Publié le
Lubrizol Rouen
© France 3 (capture d'écran)

[ACTUALISE] - Dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 janvier, les services de secours ont été submergés d’appel leur signalant une forte odeur de gaz. Rien de grave selon la préfecture de Seine-Maritime et la Sécurité civile. Il s’agit d’un dégagement gazeux "non toxique" provenant de l’usine normande Lubrizol.

Si les autorités assurent que le nuage parti de l’entreprise Lubrizol lundi à 11h est "non toxique", il a pourtant provoqué l’inquiétude de centaines de Normands et Franciliens. En effet, une forte odeur de gaz s’est répandue entre Rouen et Paris.

Ce dégagement gazeux contient du mercaptan, une substance que l’on ajoute au gaz de ville pour lui donner son odeur. "Le gaz de ville est naturellement sans odeur, raison pour laquelle un marquant olfactif totalement inoffensif y est systématiquement ajouté. Actuellement un nuage de ce marquant provenant de Normandie est perceptible en région parisienne. Ce nuage (...) se dissipera naturellement en fonction des conditions météorologiques", ont expliqué les pompiers de Paris.

"Les mesures réalisées ont révélé un seuil de concentration très faible mais qui explique cependant la gêne ressentie par un grand nombre de personnes", a déclaré à l'AFP, Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Et pour cause. Toute la nuit, les services téléphoniques des secours ont été débordés d’appels leur signalant cette odeur gênante, et se plaignant de "maux de tête" et de "nausée".

Sur le site normand de Lubrizol, "à minuit, les opérations de neutralisation étaient toujours en cours et il y avait toujours des émissions", a déclaré l'officier d'astreinte de la sécurité civile de Seine-Maritime, Laurent Mabire.

"Il y a eu une réaction qui s'est faite dans un four de l'entreprise", a expliqué à l'AFP une autre source au sein des services de secours. "Ca a commencé vers 11h lundi matin. Tous les relevés de toxicité ont été faits, il n'y a aucun danger".

Tôt ce mardi 22 janvier, l’entreprise chimique Lubrizol, fabricant sur son site de Rouen des lubrifiants pour l’industrie automobile, a dit avoir "bon espoir" que l'incident soit résolu dans la journée. "L'incident n'est pas encore complètement terminé. On est encore en phase de neutralisation. On a bon espoir que ça se termine dans la journée", a précisé à l'AFP la porte-parole de la société, Nathalie Bakaev.

Exploitation stopée, plan particulier d'intervention déclenché

Ce mardi, à la mi-journée, alors que les odeurs de gaz se sont faites sentir jusqu'en Angleterre, les ministères de l'Ecologie et de l'Intérieur ont annoncé avoir déclenché un plan particulier d'intervention. Il s'agit d'un dispositif local défini en France pour protéger les populations, les biens et l'environnement, pour faire face aux risques particuliers liés à l'existence d'installations industrielles.

Les ministères concernés ont également affirmé que l'ensemble de l'exploitation avait été mise à l'arrêt, par arrêté préfectoral dès lundi soir. "Les services de l'Etat se sont immédiatement rendus sur place et dès hier soir, un arrêté préfectoral a été pris pour stopper l'ensemble de l'exploitation", écrivent-ils dans un communiqué.

 

Astrid Gouzik

 

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3 réactions

Pascool6 | 23/01/2013 - 00H06

Scénario identique le 23/08/1989 et rien n'a changé : Plan particulier d'intervention (PPI) mis en oeuvre plus de 24h après le début de l'accident ! Population sous-informée ! Procédé de neutralisation de la réaction chimique toujours expérimental 23 ans après ! Tapez lubrizol 2013-1989 sur Dailymotion et visionnez la vidéo. C'est presque comique !

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Ca_Gaze | 22/01/2013 - 11H33

Rien n'a été fait pour avertir la population alors que les émanations ont commencé dans la matinée de lundi.
Pourtant Rouen est située dans une zone Seveso, des plans de prévention des risques sont publiés dans la presse, dans les mairies, des exercices sont assurés dans les écoles.
Et là : rien ! Rien pour avertir et rassurer la population.

C'est scandaleux.

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pamrouen | 22/01/2013 - 10H00

Selon cette fiche technique, le mercaptan méthylique:
Vue d'ensemble des urgences

DANGER! Gaz liquéfié inflammable sous pression, toxique et corrosif. Peut être mortel si inhalé. Peut former un mélange explosif en présence d’air. Cause des lésions aux yeux, à la peau et aux voies respiratoires. Peut causer des lésions aux reins et au foie. Les symptômes peuvent être retardés. Les secouristes peuvent être tenus d’utiliser un appareil respiratoire autonome et des vêtements de protection.'

Source: http://www.ece.ualberta.ca/~lpfs/uploads/MSDS/Praxair_Fre/Methyl%20Mercaptan%20-%20French.pdf

C'est pour ça qu'on nous dit rien. C'est hyper dangereux (peut provoquer la mort si inhale). Il faut faire fermer cette usine et réclamer plus d'informations y compris la concentration dans l'air et les effets retardes comme l'indique cette fiche technique. Bon courage a tous. J'habite a Rouen et me suis levée ce matin avec les yeux toujours irrites, mal dans le corps et un peu de nausée. Ma mère qui était aux urgences hier car elle a eu une crise d’épilepsie, hypertension, fièvre, difficultés respiratoires va mieux aussi. Mais je trouve scandaleux que le CHU de Rouen n'ait pas ete informe sur le mercaptan dans l'air due a cette fuite et que le médecin n'ait pas effectue les bons examens, ni apporte de l’oxygène. Tout pour minimiser la chose. Incroyable.

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