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L'UIMM donne quelques gages

04/03/2008
Contraint de réagir aux attaques du Medef, Frédéric Saint-Geours, le président de la fédération de la métallurgie, a annoncé des mesures pour calmer le jeu. Mais il ne cède pas sur les mandats nationaux.
L'UIMM donne quelques gages L'opération « mains propres » lancée par la patronne du Medef a un peu porté ses fruits. Frédéric Saint-Geours, le nouveau président de l'Union de la métallurgie, a annoncé une série de mesures à l'issue d'une réunion de crise tenue hier soir. Tout d'abord, l'indemnité de départ de 1,5 million d'euros de Denis Gautier Sauvagnac, qui a créé un tollé général, sera « réexaminée ». Mais l'UIMM a nuancé dans un communiqué en précisant que cette somme prenait en  compte « un travail accompli pendant 15 ans ».

Autre engagement pris par le syndicat : le renouvellement de la direction générale. Frédéric Saint-Geours a ainsi annoncé le départ de Denis Gautier Sauvagnac, qui avait été maintenu, malgré sa mise en examen, au poste de délégué général de l'institution. Remercié également, Dominique Cala, le directeur général adjoint, soit l'autre fonction opérationnelle de la fédération. Dans la foulée, le président a annoncé que les Etats généraux du19 mars prochain auraient pour but de « prendre des décisions en matière de transparence financière et de gouvernance ».

Les syndicats, peu convaincus

Si pour Maryse Dumas, l'une des secrétaires confédérales de la CGT, le réexamen de l'indemnité est « un petit compromis (...) pour ne pas chercher plus loin », François Chérèque (CFDT), estime que c'est déjà « un début de culpabilité de la part de l'UIMM ». Quant à Bernard Thibault (CGT), il souhaite que le Medef « entre dans le dialogue social », faute de quoi les épisodes actuels ne seraient que « des règlements de compte ».

Si l'Union de la métallurgie a accordé ces quelques compromis pour répliquer à « la campagne violente » du Medef, en revanche, elle ne lâche rien sur les mandats nationaux où elle représente le patronat, et qui était l'une des exigences de Laurence Parisot. Au nombre d'une centaine, ces mandats concernent des institutions comme l'Unedic, l'Agirc (caisse de retraite complémentaires de cadres) ou le 1% logement. Frédéric Saint-Geours, inflexible, a tenu ainsi a « réaffirmer avec force l'indépendance et le rôle essentiel » joué par l'UIMM auprès des entreprises. Il a également souligné « l'importance des compétences » de l'institution « tant en matière de relations que de négociations sociales ». Martelant sur les ondes de France Inter ce matin que le scandale de l'indemnité appartenait désormais « au passé », Frédéric Saint-Geours s'est présenté comme l'homme du « renouveau ». Ce matin, il a rencontré Laurence Parisot pour la première fois depuis le scandale de l'indemnité.  Selon un porte-parole du Medef, interrogé par l'AFP, "cet entretien n'a pas été satisfaisant. La question des mandats reste ouverte". Le bras de fer Frédéric Saint-Geours et Laurence Parisot ne fait que commencer.

Carmela Riposa


Carlos Ghosn réagit

Le président du groupe automobile Renault est l'un des rares industriels à se prononcer depuis le « scandale de l'IUMM ». Interrogé par France Inter, Carlos Ghosn s'est déclaré favorable à la remise à plat du fonctionnement des instances patronales, demandée par Laurence Parisot, la présidente du Medef. « S'il y a suspicion, s'il y a un manque de transparence, s'il y a méfiance ; il faut que cela change, a-t-il déclaré sur France Inter, au sujet de la fédération de la métallurgie. « Quand il y a un problème et qu'il y a une opportunité de remettre à plat le fonctionnement et les règles de base, conserver ce qui marche bien et modifier ce qui ne marche pas, cela me paraît tout à fait naturel », a-t-il ajouté.

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