L'UE fait pression sur la Grèce pour un gouvernement d'union
Publié lepar Paul Taylor
PARIS (Reuters) - L'Union européenne a accentué dimanche la pression sur la Grèce pour qu'Athènes instaure rapidement un gouvernement d'union nationale et mette en oeuvre les mesures comprises dans le deuxième plan de sauvetage du pays, disant que son appartenance à la zone euro était en jeu.
"Nous avons appelé à un gouvernement d'union nationale, restant persuadés qu'il s'agit de la manière convaincante de rétablir la confiance et d'honorer les engagements", a dit à Reuters Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.
Avec l'annonce d'un projet de référendum sur le plan de sauvetage, abandonné depuis, la Grèce avait rompu le contrat de confiance qui le lie à ses partenaires européens la semaine dernière, ce qui remettait en cause son appartenance à la zone euro, a-t-il poursuivi.
Mais le pays a depuis apparemment abandonné la stratégie de bord du gouffre, a estimé Olli Rehn lors d'un entretien téléphonique.
"Il y a eu des efforts faits à Athènes pour restaurer cette confiance et nous avons besoin d'un rapport convaincant à ce sujet du ministre des Finances Evangelos Venizelos demain lors de l'Eurogroupe."
Les 17 ministres des Finances de la zone euro se retrouvent lundi dans la soirée à Bruxelles pour une réunion de l'Eurogroupe.
NÉGOCIATIONS À ATHENES
Olli Rehn s'exprimait alors les partis politiques grecs négociaient âprement ce dimanche un accord de coalition susceptible de prouver aux autres pays de la zone euro que la Grèce est déterminée à poursuivre sur la voie de l'austérité pour éviter la faillite.
Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires a insisté sur le fait que le parlement actuel devait avaliser le nouveau plan de sauvetage du pays - ainsi que les mesures d'austérité qu'il comprend - afin que la Grèce puisse recevoir sa prochaine tranche d'aide internationale.
Le gouvernement grec a prévenu qu'il serait à court d'argent à la mi-décembre, au moment où il doit faire face à de prochaines échéances de remboursement, sans cette nouvelle tranche de huit milliards qui aurait due être versée en octobre.
Selon Olli Rehn, les Européens "ont été confrontés à une rupture de confiance initiée par Athènes, ce qui avait placé la Grèce sur une orbite la menant hors de la zone euro.
"Nous ne voulons pas cela mais nous devons être prêts à affronter n'importe quel scénario, y compris celui-là, au nom de la sauvegarde de la stabilité financière et de la préservation de l'euro."
Mercredi dernier, juste avant le G20 de Cannes, le président français et la chancelière allemande avaient convié George Papandréou à les rejoindre dans cette cité de la Côte d'Azur, pour qu'il s'explique sur sa décision annoncée un jour avant de soumettre à référendum le plan européen de sauvetage financier de la Grèce, laborieusement conclu le 27 octobre à Bruxelles.
L'annonce de la tenue d'un référendum avait suscité un vent de panique sur les marchés financiers mardi, où les valeurs bancaires avaient chuté ce jour-là de plus de 6%.
Isolé jusque dans son propre camp, George Papandréou a ensuite retiré son idée de référendum avant d'obtenir vendredi la confiance du parlement grec, évitant ainsi au pays des élections anticipées.
Les dirigeants européens, en premier lieu la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, ont prévenu la Grèce qu'elle ne toucherait pas un centime de plus si elle ne s'engage pas, par un vote du Parlement sur de nouvelles mesures d'austérité, à appliquer sa part du contrat.
Benoit Van Overstraeten pour le service français
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