Malgré de nombreuses ouvertures prévues cette année dans les pays émergents, le numéro un mondial des cosmétiques ne quitte pas la France. Il vient de réaliser le plus gros investissement de son histoire en recherche.
"L'ouverture du centre de Saint-Ouen est le symbole d'une mondialisation intelligente", a insisté Jean-Paul Agon, le PDG de L'Oréal, lors de l'inauguration du centre de recherche capillaire le 28 mars. Une manière de désamorcer une polémique possible sur le désintérêt de L'Oréal à développer ses activités en France par rapport aux pays émergents.
Lancé en 2007, le centre a nécessité un "investissement record" de 100 millions d'euros, soit le plus important dans l'histoire du groupe. Parallèlement, L'Oréal inaugurera cette année un centre de recherche en Inde, de 150 chercheurs, qui a nécessité 25 millions d'euros, et des usines en Egypte, au Mexique et en Indonésie. Et un nouveau centre de R&D au Brésil en 2013.
Le PDG de L'Oréal s'est dit décidé à "poursuivre les investissements à la fois en France et dans le reste du monde". Plus des deux tiers des 3 670 personnes employées dans la recherche du groupe sont en France et deux tiers des dépenses de recherche y sont réalisées, a-t-il ajouté.
Coordonnateur de six pôles
Pour Laurent Attal, le directeur général de la recherche et innovation de L'Oréal, "le centre de Saint-Ouen, constitue un levier important pour atteindre l'objectif que s'est fixé le groupe de conquérir d'ici à dix ans un milliard de consommateurs supplémentaires". "On crée des laboratoires relais dans les grands continents pour être plus près des consommateurs, mais on a besoin d'un centre nerveux puissant et compétent qui va coordonner, animer, orchestrer et stimuler l'ensemble du réseau", a précisé Jean-Paul Agon.
Le centre de Saint-Ouen servira de "tête de pont" à six pôles régionaux dédiés au capillaire, situés au Japon, en Chine, aux Etats-Unis, au Brésil, à Saint-Ouen pour l'Europe et prochainement en Inde. "Chaque région devra adapter les stratégies d'innovation du Centre mondial de Saint-Ouen, aux spécificités de leur marché et inventer de nouveaux produits qui répondent aux attentes des consommateurs locaux", a poursuivi Laurent Attal. Pour Jean-Marc Ascione, le responsable mondial de la recherche capillaire de L'Oréal, "ces innovations locales pourront être internationalisées par un processus de déploiement mondial dit de reverse innovation".
Le centre de Saint-Ouen réunit 500 personnes d'une trentaine de disciplines, sur 25 000 m2, entièrement dédié aux métiers du capillaire : coloration, soin et coiffage.









