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L'or en route vers les 1 500 dollars l'once

Le 24 novembre 2009 par Daniel Krajka

Après la faiblesse du dollar, ce sont les acquisitions des pays émergents qui vont pousser le prix du métal jaune à la hausse.

La crise du crédit qui a éclaté en août 2007 a, entre autres conséquences, propulsé le cours de l’once d’or de 650 à 950 dollars, rappelle Francisco Blanch dans la livraison hebdomadaire Global Metals, publié par Bank of America Merrill Lynch. Trois facteurs principaux agissent sur le prix du métal jaune, l’évolution du risque, la faiblesse ou la force des monnaies et les prix des commodités.



Après cette première phase de mise sur orbite de l’or, la faiblesse du billet vert devrait l’amener vers les 1 200 dollars. Avec des masses monétaires en augmentation constante, l’offre de monnaie, souligne Blanch, est largement supérieure à celle de l’or. Le dollar faible, et l’augmentation de la monnaie en circulation se conjuguent pour augmenter la valeur de l’or, exprimée dans les différentes monnaies. Pour se protéger des risques provoqués par la faiblesse du dollar, les investisseurs se sont massivement tournés vers le métal jaune.


Les plus importants détenteurs de réserves monétaires – Chine, Inde, Russie – vont devoir accroitre leur exposition à l’or, lors des prochaines années, souligne l’analyste. Le problème est qu’en face de leurs énormes réserves il n’y a juste pas assez d’or. Malgré l’augmentation de son cours, les volumes détenus par les banques centrales ont reflué de 1,27% entre 2004 et 2008, à 28 700 tonnes, indique le GFMS. Les quantités d’or extraits en 2009 et 2010 (environ 2 300 tonnes) ne devraient pas dépasser 1,5% des quantités détenues en surface.

Dans le même temps, les monnaies papier souffrent d’un « problème de crédibilité ». Si les Etats-Unis font tourner la planche à billets pour faire face à la déflation et au déficit du secteur public, l’Europe devra suivre ou faire face à un sérieux problème de compétitivité. Dans ce contexte, diversifier ses réserves vers l’or semble une solution attractive, en particulier pour les pays émergents.

A mesure que la combinaison des politiques monétaires et fiscales accommodantes aide à remettre l’économie sur les rails de la croissance, les pressions cycliques feront leur retour et de nouveau « trop d’argent chassera les mêmes barils de pétrole ». L’or s’accrochera alors au troisième étage de son lancement, la nouvelle tendance haussière du pétrole et des autres commodités.



Toutefois, si les banques centrales des pays émergents décident de snober l’or au profit des bons du trésor en dollars ou en euros, le scénario de la grimpée de l’once vers les 1 500 dollars serait remis en cause. Mais, rappelle Blanch, les performances du dollar ou de l’euro durant la crise rendent peu crédibles cette hypothèse.

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