L'ONCOPÔLE A REMPLACÉ LA CHIMIE
Par PAR MARINA ANGEL, CORRESPONDANTE À TOULOUSE - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3254ENQUêTE Le campus de Toulouse-Langlade, spécialisé dans la lutte contre le cancer, est aménagé sur l'emplacement de l'ancienne usine AZF. D'ici à 2013, près de 4 000 personnes y travailleront.
Il a été rebaptisé depuis peu « Oncopôle ». Après plusieurs années d'études, puis de phases préliminaires de déconstruction et de dépollution du site, l'ex-Cancéropôle sort de terre sur le site de Langlade. Ce campus d'une superficie de 220 hectares occupe notamment les 78 hectares de l'ancienne usine AZF. L'Oncopôle accueille déjà l'extension du centre de R et D de Sanofi et le nouveau centre de recherche des laboratoires Pierre Fabre, dont les premières équipes sont arrivées en septembre 2010. On y trouve aussi le Centre Pierre Potier, qui associe un hôtel de recherche public, des équipes du CNRS, de l'Institut national des sciences appliquées (Insa) et de l'université Paul Sabatier, ainsi qu'une pépinière d'entreprises gérée par la communauté urbaine du Grand Toulouse. Dans la foulée, un pôle de services (une résidence hôtelière, un centre d'affaires et une brasserie) sort progressivement de terre. Le chantier de la clinique universitaire du cancer (70 000 mètres carrés, 300 millions d'euros d'investissement), engagé au printemps 2010, rythmera la vie du quartier jusqu'en 2013.
Plus de 1 milliard d'euros de fonds publics et privés auront été investis dans l'Oncopôle. Aménagé par le Grand Toulouse, en partenariat avec le conseil général de Haute-Garonne, le conseil régional de Midi-Pyrénées, l'État et l'Europe, il ambitionne de devenir d'ici à dix ans le leader européen dans la lutte contre le cancer. Le campus de Toulouse-Langlade se veut un regroupement unique de compétences académiques, scientifiques, technologiques, médicales, cliniques et pharmaceutiques autour de la lutte contre le cancer.
Diversification régionale
Rendons à César, ce qui appartient à César. Le 31 mars 2004, Philippe Douste-Blazy, alors président (UMP) du Grand Toulouse, annonce la création du Cancéropôle de Toulouse sur le site d'AZF. La symbolique est particulièrement forte : là même où une certaine chimie a détruit des vies, une nouvelle doit contribuer à en sauver. Le projet s'inscrit très vite dans une stratégie de diversification de l'économie régionale, dominée par l'aéronautique et le spatial. En juillet 2005, le pôle de compétitivité Cancer-Bio-Santé est labellisé par le gouvernement. Temps de concertation oblige, les premiers chantiers ne seront engagés qu'en septembre 2006. Depuis, le dossier a été revisité par les équipes de Pierre Cohen, maire (PS) de la Ville rose depuis 2008 et président de la communauté urbaine. Désormais, l'objectif est d'intégrer le campus dans une vision plus large de l'aménagement d'un quartier. L'Oncopôle se situe à seulement 2 kilomètres de l'hypercentre de Toulouse. Toutes les problématiques de circulation autour et dans la zone d'activités ont été repensées. Car près de 2 000 personnes travaillent déjà quotidiennement sur le site, sans compter les personnels des entreprises de BTP à l'oeuvre sur le chantier. D'ici à 2013, l'Oncopôle devrait compter quelque 4 000 salariés, dont 2 400 chercheurs et près d'un millier d'acteurs de la santé. Au final, la réalisation de cet énorme projet n'aura connu qu'un glissement d'à peine deux ans sur le calendrier initial.

dans la même rubrique
26/05/2012 La sémantique de l'industrie26/05/2012 L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman
26/05/2012 "Je suis fasciné par les technologies sans fil"












