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Quotidien des Usines

L'ombre de Fincantieri suscite une vive inquiétude à Saint-Nazaire

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Publié le

A Saint-Nazaire, syndicats et élus craignent de voir les ex-Chantiers de l'Atlantique devenir un simple sous-traitant de son concurrent italien. Ils redoutent des suppressions d'emplois et la fuite du savoir-faire vers la Chine ou Fincantieri a des intérêts. Chacun attend une prise de position forte de l'Etat français, détenteur d'une minorité de blocage.

L'ombre de Fincantieri suscite une vive inquiétude à Saint-Nazaire
Construction de l'Harmony of the Seas
© Pascal Guittet

Fincantieri n'était manifestement pas le candidat préféré à Saint-Nazaire, pour la reprise de STX France dont il est un concurrent frontal. Syndicats et acteurs politiques penchaient très nettement pour le néerlandais Damen, associé aux grands armateurs. Mais ce dernier n'a finalement pas déposé d'offre. Unique candidat déclaré, Fincantieri a logiquement été désigné, le 3 janvier, par le tribunal de commerce du district central de Séoul pour engager les discussions en vue de reprendre 66,6% des parts de STX France. A Saint-Nazaire, cette candidature unique a provoqué la surprise, puis la déception et l’inquiétude.

Sous l'égide de Fincantieri, la CFDT craint de voir Saint-Nazaire "se spécialiser uniquement dans les grands navires, de part sa grande cale, remettant en cause ses équilibres." Le syndicat s'interroge sur ce qu'il adviendrait des ex-Chantiers de l'Atlantique en cas de retournement de conjoncture et quels seraient, dès lors, "les arbitrages entre les chantiers italiens et français." La CFDT s'inquiète aussi des synergies et des doublons que le groupe de Trieste ne manquera pas de chercher. Selon le syndicat, le service commercial, les bureaux d'études ou les achats pourraient être impactés.

Une "grosse déception"

Pour FO, le choix de Fincantieri est "une grosse déception". Le syndicat, qui a toujours milité pour une nationalisation pure et simple du chantier naval, estime qu'il est "encore temps pour l'État d'intervenir", en mettant en place le décret Montebourg de protection des entreprises stratégiques. L'autre crainte, partagée par les syndicats, est un transfert de savoir-faire français vers la Chine, Fincantieri ayant signé il y a quelques mois un accord de transfert de technologie avec le groupe China State Shipbuilding Corporation pour la construction de paquebots en Chine dans le cadre d'une alliance avec l'armateur Carnival. Quant à la CGT, elle prête à Fincantieri la volonté d'accroître encore le travail détaché. Le syndicat majoritaire entend demander au secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirugue, attendu cet après-midi à Saint-Nazaire, "des garanties en termes d'emploi et un véritable plan de développement sur trois à cinq ans au regard du carnet de commandes".

Le parti socialiste local est plus virulent encore. "Fincantieri n'a pour le moment jamais su apporter les garanties nécessaires pour la poursuite du projet industriel du chantier et de ses diversifications vers les énergies marines renouvelables, pour le maintien de l'emploi, de la R&D, et des centres de décision à Saint-Nazaire", estime Christophe Clergeau, ex-vice-président PS de la région Pays de la Loire. "L'Etat doit s'opposer à ce rachat et faire émerger une solution alternative régionale et nationale. Si Fincantieri devait être retenu, il ne doit pas être l'actionnaire majoritaire. Dans tous les cas DCNS, MSC et RCCL (les armateurs clients de STX France, ndlr) doivent figurer au capital du chantier. Dans tous les cas, l'actionnariat du chantier doit comprendre un pilier local autour de la région des Pays de la Loire, pilier garant de l'ancrage territorial du chantier."

Le maire en appelle à l'Etat

David Samzun, le maire PS de Saint-Nazaire est tout aussi alarmiste. "Il n’est pas envisageable que Fincantieri, premier concurrent des chantiers navals, devienne majoritaire", estime l'élu pressé de faire part de ses craintes au ministre Christophe Sirugue. "L'Etat français (actionnaire à 33,34 % de STX France) peut bloquer cette proposition, peut construire une proposition complémentaire, il est encore temps de la travailler", estime-t-il.

Bruno Retailleau, président LR de la région Pays de la Loire se montre plus tempéré. Pour lui, "il peut exister une réelle complémentarité économique entre les chantiers nazairiens et italiens, mais à condition que soient levé un certain nombre d’incertitudes et que plusieurs garanties soient apportées". L'élu suggère que "le niveau de participation de l’Etat et de DCNS soit proche de celui de Fincantieri" et "que les croisiéristes, qui assurent à eux seuls le plan de charge des chantiers de Saint-Nazaire pour les dix ans à venir, soient présents dans le capital de la future entité. Ce sera un élément essentiel de stabilité."

Emmanuel Guimard

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