L'OGRE CHINOIS A FAIM DE MAÏS
Par PASCAL COESNON - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3250
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Au rythme où va la Chine, le commerce mondial du maïs pourrait être bouleversé dans les prochaines années, selon les analystes. En juillet, l'ex-empire du Milieu a commandé 533 000 tonnes de cette céréale aux États-Unis, surprenant le gouvernement américain par l'ampleur de la demande. Début août, la Chine revenait aux achats avec 56 000 tonnes. La Chine, qui n'avait plus été importateur net de maïs depuis 1995 jusqu'à 2010 pour être autosuffisante, possède pourtant une vaste Corn Belt.
Vers une pénurie mondiale
La production devrait établir un record à 182,5 millions de tonnes cette année, estime l'administration chinoise des céréales. Elle sera néanmoins insuffisante pour répondre aux nouveaux goûts de la classe moyenne émergente. Celle-ci veut consommer mieux et davantage, notamment de la viande de porc dont la Chine est le principal consommateur mondial. Selon l'US Department of agriculture, un Chinois dévore en moyenne 39,3 kilogrammes de cochon par an, contre 19,7 en 1990. Le gouvernement encourage les éleveurs à employer les méthodes occidentales d'élevage, en ayant davantage recours au maïs pour engraisser un cheptel de 453 millions de têtes. Les Chinois consomment aussi plus de boissons sucrées à base d'édulcorants tirés du maïs. Au deuxième trimestre, Coca-Cola a vu ses volumes de ventes augmenter de 21 % en Chine et vient d'annoncer 4 milliards de dollars d'investissements d'ici à 2014.
Les importations chinoises de maïs pourraient atteindre 5 Mt dès 2011-2012, estime Abdolreza Abbassian, un économiste de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Ces importations vont croître si rapidement que la Chine deviendra la première destination pour le maïs américain d'ici cinq à dix ans. Elle détrônerait le Japon qui en a pourtant importé 15,5 Mt en 2010. « En doublant sa consommation de viande par habitant, ce qui lui permettra d'atteindre le niveau américain, la Chine devra utiliser 610 Mt de maïs supplémentaires, soit près du double de la production annuelle des États-Unis », calcule Michael Swanson, économiste à Wells Fargo : « Il n'y aura tout simplement pas assez de grains dans le monde ! » pour répondre à cette demande additionnelle.











