L'oeil électronique détecte les pizzas peu appétissantes
Par Patrick Déniel - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3205La machine d'Alpha Mos reconnaît les couleurs et les formes dans des produits complexes. Ses analyses peuvent être rapprochées de celles d'un nez et d'une langue électroniques...
En cuisine, l'esthétique compte aussi. C'est l'une des raisons pour lesquelles Alpha Mos, spécialiste des outils électroniques d'analyse des goûts et des odeurs, a mis au point un oeil artificiel baptisé « IRIS Visual analyzer ». Cette machine est destinée à l'analyse visuelle et sensorielle des produits alimentaires complexes, comme les pizzas, les cookies ou les plats cuisinés. Composée d'une caméra vidéo CCD, associée à un puissant logiciel de traitement d'image, elle peut être utilisée pour le contrôle en ligne, mais aussi pour le développement des produits.
FLUIDIFIER LA CHAÎNE D'APPROVISIONNEMENT
L'intégration de ce type de moyens de contrôle sur la ligne de production est un enjeu important dans l'industrie agroalimentaire, afin de fluidifier la chaîne d'approvisionnement et d'éviter tout ralentissement des flux au sein de l'usine. « Notre offre se distingue de ce qui existe sur le marché, car nous n'analysons pas seulement la couleur générale d'un produit ; le système détecte chacune des couleurs et des formes présentes sur l'aliment, et mesure leurs quantités », explique Jean-Christophe Mifsud, le PDG d'Alpha Mos.
Installé de préférence en fin de ligne, le système de contrôle permet d'étudier des produits finis composites. Il est capable de reconnaître les ingrédients, d'apprécier s'ils sont conformes, mais aussi de corréler ces résultats avec des données issues de panels sensoriels. Avec l'oeil électronique, l'industriel peut vérifier si la pizza contient suffisamment de poivrons, de fromage ou de jambon, mais aussi analyser son aspect « frais », « croustillant », voire « appétissant »...
Pour aller plus loin dans l'analyse sensorielle, Alpha Mos propose de mettre en relation le contrôle visuel avec les résultats fournis par ses nez et ses langues électroniques. « C'est le même logiciel qui analyse les données des trois instruments. Son travail se rapproche ainsi de celui du cerveau humain, afin de juger de la qualité des produits en fonction d'une sphère d'acceptabilité prédéterminée », note Jean-Christophe Mifsud. Aller plus vite, mais avec des critères les plus proches possibles de ceux de l'être humain, tel est l'objectif.
ÉVALUER L'APPÉTENCE D'UN PRODUIT
En amont de la production, ce type de performances intéresse aussi les spécialistes du développement de produits. « Le contrôle électronique permet de comparer les formes, les couleurs et les quantités avec les résultats des panels sensoriels réalisés auprès de consommateurs », souligne le PDG. Et d'évaluer l'appétence de son produit (l'attirance qu'il peut exercer sur le consommateur) par rapport à celui des concurrents.
Si le prix de la machine encore très élevé (entre 80 000 et 120 000 euros pour le contrôle en ligne), ce type d'outil est amené à se généraliser. « Nous en avons déjà vendu à l'étranger à des industriels des barres céréalières et de la biscuiterie », se félicite Jean-Christophe Mifsud. Des supermarchés japonais se sont aussi équipés, pour améliorer l'appétence de leur offre de sushis ou de viandes en linéaire.











