Mario Monti, président du Conseil depuis novembre dernier, a convoqué pour ce 20 mars les syndicats à 15h30. L’objectif étant de trouver un terrain d’entente sur ce qu’il dit être une priorité de son action : le travail.
En novembre dernier, Mario Monti est arrivé à la tête de l’Italie, alors même que le pays était confronté à la crise de la dette. Son idée était alors d’engager une politique de rigueur et de dérégulation destinée à renforcer la compétitivité du pays.
C’est dans ce cadre que le président du Conseil veut réformer le marché du travail italien. Il fustige en effet un marché du travail fonctionnant à deux vitesses. D’un côté, des salariés sont en contrat à durée indéterminée dans les entreprises de plus de 15 employés. Ils profitent alors d’un statut presque inattaquable. D’un autre côté, des salariés de petites entreprises ou avec un emploi précaire ne bénéficient d’aucune protection.
Les employeurs réclament donc un assouplissement des conditions de licenciement. Mario Monti propose lui de rendre l'utilisation des contrats précaires plus coûteuse mais aussi de faciliter les licenciements individuels. Or sur ce terrain il affronte l’hostilité de certains syndicats. Selon eux, ils ont déjà assez cédé depuis son arrivée et ne veulent plus faire de faveur.
Le principal point d’achoppement réside dans l'article 18 du code du travail. Il précise que les entreprises de plus de 15 salariés ne peuvent licencier un employé que pour faute professionnelle manifeste ou dans le cadre d'un plan de restructuration. Si la justice considère qu'un salarié a été limogé abusivement, son entreprise doit le réintégrer et lui verser l'intégralité de son salaire depuis sa mise à l'écart.
"Flexibilité et sécurité"
Depuis son arrivée, le président du Conseil prône un modèle de flexi-sécurité afin d’éviter ces disparités de traitement. Mais le sujet de la flexibilité a depuis plusieurs années suscité des critiques au sein de l’opinion publique italienne.
Le cas Fiat reste l’exemple le plus flagrant et récent. En 2010, le constructeur a appliqué des conditions plus flexibles sur ses sites de Pomigliano, Mirafiori et Grugliasco. Les contrats de travail prévoient alors une augmentation des rotations de nuit et des heures supplémentaires. Un système permettant selon Fiat de restaurer la compétitivité de ses usines en Italie et garder l’emploi dans le pays. En fin d’année 2011, le groupe a annoncé vouloir quitter la Cofindustria pour pouvoir étendre ces conditions à l’ensemble de ses sites. Une décision qui avait alors marqué les esprits et créé bon nombre de contestations dans le pays.
En cas d’échec dans les négociations avec Mario Monti, de nouvelles grèves et des tensions au sein de la coalition pourraient se faire vives. Reste que les syndicats sont eux-mêmes divisés. La branche métallurgie du premier syndicat du pays, la CGIL a par exemple réclamé un arrêt de travail de deux heures ce 20 mars. A l’inverse, d’autres syndicats se veulent plus conciliants, comme l’UIL.
Le président du Conseil a posé fin mars comme date-butoir pour parvenir à un compromis. La réforme porte aussi sur le système d’indemnisation des chômeurs, qui ne devrait pas entrer en vigueur avant 2017.









