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L'Italie continue de payer cher pour emprunter

Publié le

par Valentina Za

MILAN (Reuters) - L'Italie a payé moins cher pour emprunter jeudi mais des investisseurs prudents ont néanmoins exigé un rendement proche de 7% pour acheter ses obligations à 10 ans, un coût que la troisième puissance économique européenne ne semble pas pouvoir supporter indéfiniment.

Des traders ont signalé que la Banque centrale européenne (BCE) était intervenue après l'adjudication pour acheter du papier italien, mais en petites quantités.

Sur le marché secondaire, le rendement de la dette à 10 ans reste supérieur à 7%. L'euro a touché un plus bas de près d'un an de 1,2883 dollar en réaction à l'adjudication.

Ce sont les premières adjudications obligataires de l'Italie depuis que la BCE a lancé la semaine dernière sa première opération de refinancement à trois ans et que le gouvernement italien a surmonté une opposition interne pour faire passer une réforme des retraites radicale, dans le cadre d'un troisième paquet budgétaire depuis l'été.

L'Italie a finalement adjugé jeudi un peu plus de sept milliards d'euros d'obligations, à peu près au milieu de l'objectif qui variait de cinq à 8,5 milliards d'euros, dans un marché peu actif de fin d'année.

Le Trésor italien a adjugé pour 2,538 milliards d'euros d'obligations (BTP) échéance 15 novembre 2014 à un rendement brut de 5,62% contre 7,89%, un record de l'ère euro, lors de l'opération de fin novembre.

Il a également placé pour 2,5 milliards d'euros de BTP échéance 1er mars 2022 à un rendement brut de 6,98% contre 7,56%, là encore un record de l'ère euro, fin novembre, ainsi que 1,176 milliard d'euros de BTP échéance 1er septembre 2001 au rendement brut de 6,70%.

"La baisse du rendement d'adjudication d'à peine une soixantaine de points de base par rapport à la fin novembre, dans un territoire où les rendements sont à ce point élevés, souligne que la pression sur l'Italie reste énorme, en dépit des actions de la BCE qui ont donné (à la dette à court terme) un gros coup de fouet", commente David Schnautz (Commerzbank, Londres).

ON NE PARLERA QUE DE L'ITALIE

Le coefficient de couverture a été de 1,364 pour le papier 2014, 1,357 pour le 2022 et 1,579 pour le 2021.

Le Trésor a enfin adjugé pour 800 millions d'euros de papier à sept ans à taux variable au rendement de 7,42% contre 4,52% lors d'une opération similaire tenue fin août. Le ratio de couverture s'est inscrit à 1,97 contre 1,7 lors de la dernière émission semblable.

L'Italie avait émis mercredi pour neuf milliards d'euros de bons à six mois, avec un rendement brut de 3,251%, deux fois moins élevé que le record de 6,5% atteint fin novembre.

Le président du Conseil Mario Monti a jugé que les adjudications de mercredi et de jeudi étaient positives mais ajouté que les marchés resteraient instables. Pour apaiser les marchés, "la plus grande partie du travail doit se faire en Europe", a-t-il dit, lors de sa traditionnelle conférence de presse de fin d'année.

Les adjudications de ce jeudi seront réglées en janvier et viendront aider le Trésor à remplir un objectif de financement de l'ordre de 450 milliards d'euros l'an prochain.

Les investisseurs se posent d'ailleurs des questions sur la capacité du Trésor à refinancer 91 milliards d'euros de dettes arrivant à échéance entre janvier et avril.

"On ne va parler que de l'Italie le prochain trimestre", résume Nicholas Spiro (Spiro Sovereign Strategy). "Au vu de l'ampleur des besoins de financement, on se pose beaucoup de questions sur l'aptitude de l'Italie à aller au bout de 2012".

L'Italie peut compter sur l'épargne locale pour placer son papier à court terme mais elle est plus dépendante de l'étranger pour le papier obligataire.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Nicolas Delame

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