L'Isère attend de pied ferme les déchets ivoiriens
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leL'arrivée prochaine des déchets toxiques d'Abidjan à Salaise-sur-Sanne inquiète la population malgré les propos rassurants de la ministre de l'Ecologie.
Située dans la vallée du Rhône à 50 kilomètres de la capitale des Gaules, Salaise-sur-Sanne est une petite ville de 4 000 habitants dont le développement économique est étroitement lié à l'installation d'un complexe industriel et chimique. C'est dans cette cité que Trédi, filiale du groupe français Séché, a décidé de s'implanter en 1985. La société, classée pour la Protection de l'environnement (ICPE), est spécialisée dans le traitement et le stockage de déchets non radioactifs. Elle compte 190 salariés dans les trois unités de traitement réparties sur le site. En 2005, quelque 225 000 tonnes de déchets ont été éliminés.Retenue par le gouvernement ivoirien, Trédi doit traiter les 6 000 tonnes de substances toxiques déversées cet été à Abidjan. Confiées provisoirement au Havre à la société LBC Sogestran, spécialiste de la manutention de produits pétroliers et chimiques, elles doivent arriver progressivement chez Trédi par ferroutage à partir de fin décembre. C'est à une autre filiale du groupe Séché - Séché Transports - que le convoyage a été confié.
Mais cette opération de destruction - incinération par oxydation thermique à plus de 1 100°C - ne fait pas l'unanimité au sein de la population. Comme le rappelle Jackie Crouail, le maire de la commune, « au-delà de la crainte légitime d'une éventuelle pollution, l'appréhension des habitants relative aux déchets ivoiriens se justifie par le fait qu'ils proviennent d'un épandage qui a tué là-bas dix personnes en août dernier ».
Pourtant, les élus locaux et les associations de défense de l'environnement ont obtenu de Nelly Olin, ministre de l'Ecologie et du Développement durable, toutes les garanties concernant la sécurité et le suivi de l'opération de dépollution. « Je suivrais personnellement cette affaire de A à Z », a-t-elle annoncé. La ministre a d'ores et déjà prévu quatre réunions de suivi au cours des six prochains mois, durée prévue de l'opération.
Pascal Coesnon

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