L'irrésistible déclin de l’industrie pharmaceutique en France

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Pilule
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Baisses de prix, impact des génériques : le marché du médicament devrait continuer de décliner cette année en France, selon une étude d’IMS Health. Une embellie serait possible en 2014, en fonction des décisions politiques.

Alors que les plans sociaux se poursuivent dans l’industrie pharmaceutique, les perspectives sur le marché français sont toujours sombres. Après avoir connu la première récession de son histoire en 2012, avec une chute de 2,3% en valeur, le marché des médicaments en ville devrait s’effondrer de 3,4% cette année, selon l’étude présentée ce mardi par le cabinet de conseil pour les acteurs de la santé IMS Health.

Le financement public, une faiblesse pour ce secteur

Les raisons sont connues et récurrentes : baisses de prix de médicaments décidées par les gouvernements en 2011 et 2012 dans le cadre des Lois de financement de la Sécurité sociale (LFSS) et hausse spectaculaire du taux de pénétration des génériques, ces copies de médicaments à bas prix, suite à la mise en place de l’accord " Tiers payant contre génériques " incitant les pharmaciens à la substitution.

Si la situation devrait s’améliorer en 2014 et 2015, avec l’apparition de nouvelles thérapies innovantes et d’un moindre effet des génériques, difficile pour autant d’être optimiste. "Dans le passé, l’industrie pharmaceutique était plutôt contra-cyclique, explique Claude Le Pen, professeur d’économie à Paris-Dauphine et consultant IMS Health France. Or son financement public, qui était sa force, est devenu sa faiblesse." La crise de la dette et la croissance quasi-nulle pourraient en effet inciter les pouvoirs publics à prendre de nouvelles mesures contraignantes pour cette industrie.

De nouveaux arbitrages attendus avant l’été

Alors que la LFSS pour 2013 prévoyait 2,4 milliards d’euros d’économies, dont 1,5 milliard pour le médicament, qu’en sera-t-il pour l’année prochaine ? Les arbitrages devraient arriver avant l’été. L’idée qu’il vaut mieux éviter de demander une nouvelle contribution à l’industrie pharmaceutique, afin de préserver l’emploi, l’industrie, et d’éviter une délocalisation des façonniers, sera-t-elle entendue ? "Cela dépendra d’un mix de volonté politique, et de la réalité matériel des comptes ", estime Claude Le Pen.

Alors que le marché pharmaceutique en ville représente plus de 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires, celui de l’hôpital et ses 6 milliards d’euros devrait connaître une "croissance nulle du fait d’une forte pression sur les prix liée à l’intensification des négociations par les centrales d’achat ", remarque Robert Chu, président d’IMS Health France. Encore cinquième marché pharmaceutique au monde (derrière les Etats-Unis, le Japon, la Chine et l’Allemagne), la France pourrait perdre une à deux places d’ici quelques années…

Gaëlle Fleitour

Trouver d’autres facteurs d’efficience que la baisse de prix


Pour maîtriser les coûts de santé, un nouveau modèle économique permettrait d’économiser 500 milliards de dollars dans le monde (soit 8% des dépenses de santé), selon IMS Health. Sans toucher au prix des médicaments. Au programme : six leviers principaux : améliorer l’observance, les prescriptions adéquates, l’usage des antibiotiques et l’utilisation des médicaments génériques, mais aussi prévenir les erreurs médicamenteuses et mieux gérer les polymédications. Le cabinet entend désormais ouvrir le débat en France

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