L'IRLANDE TESTE LA TÉLÉMÉDECINE IN SITU
Par G.F. - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3247
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Au sein d'un centre de recherche appliquée, les industriels irlandais testent virtuellement, puis en grandeur nature, leurs innovations en vue de garantir le maintien à domicile des personnes âgées.
Pas de vertes plaines ni de production de Guinness à Dundalk. Pour se démarquer, la capitale du plus petit comté d'Irlande (le Louth) a choisi de miser sur la télémédecine. Il y a deux ans, son institut de technologie a ouvert Casala, un centre de recherche appliquée où collaborent industriels, ONG et institutions pour améliorer la vie des personnes âgées. Un projet de 22 millions d'euros financés en partie par Enterprise Ireland, un organisme chargé de promouvoir les sociétés irlandaises à l'étranger. « Nous voulons travailler avec l'industrie irlandaise, pour créer, tester et commercialiser des produits et des services novateurs. Et prendre le leadership du secteur émergent de l'assistance à l'autonomie à domicile », explique Andrew Macfarlane, le responsable de Casala.
Avant d'installer leurs solutions, les éditeurs de logiciels, fabricants de capteurs portables sans fil et autres spécialistes de l'analyse des données, doivent se soumettre à des tests virtuels dans le Cave 3 D, un environnement immersif de réalité virtuelle. Meubles en chêne, canapés bleus, design soigné... Les projections sur trois écrans et le sol permettent de recréer un appartement plus vrai que nature. Où, muni de lunettes 3 D et d'une manette, chacun peut évoluer et interagir avec les applications de télémédecine.
Une fois le concept validé, direction le Great Northern Haven, un long immeuble blanc situé à quelques mètres du Cave, dont les 16 appartements ont été designés. Au sein de l'unique logement reconfigurable, quelques volontaires de la communauté locale testent les prototypes. Avant que les innovations ne soient implantées dans ces appartements intelligents, où, depuis quelques mois, des personnes âgées de 60 à 80 ans ont définitivement élu domicile.
Près de 3 000 capteurs par appartement
Dans ces deux pièces clairs et sobres, elles disposent d'un iPad pour communiquer, regarder la télévision et recevoir des alertes pour leur prescription. Réglage automatique de la chaleur et de la lumière, ouverture des fenêtres connectée, détecteurs de chutes : chaque appartement contient près de 3 000 capteurs quasiment invisibles. Durant trois ans, ils vont enregistrer en permanence des milliers de données.
Une phase précieuse pour les industriels, qui peuvent analyser ces informations pour comprendre les habitudes de ces pensionnaires et développer ensuite des modèles de base. Dans l'espoir, pour Casala, qu'ils soient déployés pour faire du comté une référence en télémédecine. Des atouts qui ont convaincu Fujitsu et surtout Bosch. Il y a un an, l'allemand a lancé ici le premier essai européen de son système de surveillance des patients atteints de maladies chroniques.

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