L’Irak ouvre les vannes du pétrole
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Les deux plus importantes compagnies pétrolières occidentales, ExxonMobil et Shell ont remporté le droit d’exploiter un gisement pétrolier géant en Iraq.
Le ministère du Pétrole irakien vient d’annoncer l’attribution à un consortium mené par ExxonMobil et Royal Dutch Shell le droit d'exploitation du champ pétrolier géant de Qourna-ouest 1. Détenu à 80% par l’américain et à 20% par l’anglo-néerlandais, le consortium l’a emporté à la barbe du russe Lukoil, qui s’était allié pour l’occasion à ConnocoPhillips et du chinois CNPC.
Pour exploiter ses immenses réserves, et redevenir un producteur majeur, l’Irak a besoin de forger des alliances avec des compagnies étrangères. Mais, face à l’impopularité de l’arrivée de pétroliers étranger venant exploiter ses richesses, son parlement s’est jusqu’à présent refusé à voter une loi pétrolière, indispensable à l’établissement de contrats sûrs. Pour contourner cet obstacle, le ministre du Pétrole irakien, Hussein al-Shahristani, a imaginé des contrats de service de 20 ans avec les compagnies étrangères, qui ne requièrent pas l’approbation du parlement. Celles-ci recevront une somme par baril extrait de champs déjà en activité.
Toutefois, lors du dernier appel d’offres de l’été dernier, le premier depuis 37 ans, les compagnies pétrolières s’étaient retirées des enchères, jugeant le tarif offert trop bas. Seul un consortium unissant le britannique BP et le chinois CNPC avait accepté le prix de 2 dollars par baril pour exploiter le gisement géant de Roumaïla. Cet accord vient d’être confirmé cette semaine alors qu’un autre accord préliminaire a été signé par l’italien ENI associé à Occidental Petroleum.
ExxonMobil aura du renoncer à ses exigences de 4 dollars par baril et accepter le 1,9 dollar proposé par les Irakiens. Le champ de Qourna-Ouest 1 produit actuellement 279 000 barils/jour (b/j) un chiffre qu’ExxonMobil se propose de porter à 2,325 millions b/j d'ici à six ans. Ces accords ne permettent toutefois pas de développer de nouveaux gisements. Ils vont cependant donner aux compagnies une expérience indispensable après une absence de plus de 30 ans dans le pays, qui sera cruciale lors des prochaines enchères qui auront lieu en décembre.
Les quotas de l’Opep en danger
D’ici 7 à 10 ans l’Irak sera capable de produire 10 millions de b/j, estime Hussein al-Shahristani. Un objectif qui n’est pas irréaliste, les trois accords signés avec Exxon, Eni et BP devraient ajouter 4,7 millions de barils à une production irakienne qui atteint aujourd’hui environ 2,4 millions de b/j. Si le prochain appel d’offre se solde par des contrats représentants 3 millions de barils, on serait proche de l’objectif du ministre, note le consultant PFC Energy.
Une production de 10 millions de b/j projetterait l’Irak au niveau de l’Arabie Saoudite et de laRussie , les leaders incontestés du secteur. Surtout, cette importante augmentation de l’offre globale mettrait en péril la politique de l’Opep. Depuis l’embargo sur le pétrole irakien l’Irak n’était plus tenue par les quotas du cartel, une générosité sans conséquence. Les cours du brut étaient élevés et l’Irak peinait à extraire son pétrole. Un envol de la production irakienne ne pourrait se faire sans que les autres pays du cartel n’exigent sa réintégration dans le système des quotas.

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