L'international, carte-maitresse de Renault en 2012
Par Pauline Ducamp - Publié le
Le constructeur automobile français a profité l'année dernière de son dynamisme dans les pays émergents, notamment la Russie. Il vise désormais la Chine et l'Inde.
Carlos Tavares l'avait théorisé devant les députés la semaine dernière : quand un constructeur est fortement présent à l'international, la croissance dans une zone compense l'atonie d'une autre.
Voilà en résumé l'année 2011 vécue par Renault. Le record de vente du constructeur (2 722 062 véhicules écoulés pour Renault-Dacia-Samsung) a pour origine le dynamisme des marchés hors Europe, Russie et Amérique du Sud en tête.
Le Brésil est aujourd'hui le second marché de la marque Renault, avec 194.300 véhicules vendus, derrière la France. Le Français a aussi compté sur le marché russe avec une hausse des ventes de 40% et 154.734 voitures écoulées.
Renault poursuivra sur cette lancée en 2012, pour réduire l'influence négative du marché européen sur les chiffres de ventes. Le constructeur travaille actuellement pour ouvrir une implantation en Chine.
Contrairement à PSA Peugeot Citroën, présent sur place depuis une quinzaine d'années, la marque au Losange importe seulement ses véhicules. Résultat : malgré un bond des ventes de 65%, seuls 24.275 véhicules ont trouvé preneur sur place l'année dernière.
Renault souhaite désormais produire sur le territoire chinois et profitera pleinement de l'expérience de Nissan. L'Alliance est ici un sérieux atout : le gouvernement chinois envisage de restreindre les aides aux entreprises étrangères qui s'implantent dans le pays et compte favoriser les marques locales.
Un mix-produit compliqué
Autre nouveau marché visé par Renault, toujours via le prisme de l'Alliance : l'Inde. Le groupe dispose d'un site de production à Chennai et trois modèles badgés Renault sont déjà commercialisés sur place : la Fluence, le Koléos et la Pulse, lancée au Salon de New Dehli il y a quelques jours.
Mais c'est en 2012 qu'arrivera l'un des modèles phares de Renault à l'étranger : le Duster. Le Français mise beaucoup sur le petit SUV pour conquérir des parts de marché en Inde, dans un marché dominé par les marques japonaises.
Le mix-produit sur le marché indien est compliqué : il faut en effet tenir compte de la classe moyenne, mais aussi miser sur l'envie de luxe des classes aisées. L'ultra low-cost n'est pas forcément une solution : la Nano de Tata n'a pas trouvé son public.
Malgré un léger recul des ventes cette année, l'une des armes de Renault reste Dacia et son nouveau site de production de Tanger. La marque low-cost élargit sa gamme en 2012 avec l'arrivée du Lodgy, d'une camionnette et d'une familiale, trois modèles qui seront produits au Maroc.
Renault vise ici essentiellement l'Europe, où ses ventes du groupe ont reculé de 5,7% en 2011, suivant le recul des marchés européens (ventes en baisse de 1,7%). Clio IV, Mégane restylée, Renault fourbit ses armes. Mais c'est l'arrivée de la ZOE, la ‘Clio électrique', qui marquera l'année. Si la voiture trouve son marché, le constructeur pourrait prendre une belle longueur d'avance sur ses concurrents sur le segment de véhicules verts.

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