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L'Usine Aéro

« L’intelligence artificielle est un élément de souveraineté nationale », selon Jean-Yves Le Drian

Aurélie Barbaux , ,

Publié le

 Si l’intelligence artificielle, par son potentiel disruptif de nos sociétés tant au niveau du travail et que des libertés individuelles, est un sujet politique, c’est aussi une question de sécurité et souveraineté nationale, a expliqué le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lors d’un colloque à l’Assemblée nationale.

« L’intelligence artificielle est un élément de souveraineté nationale », selon Jean-Yves Le Drian
Jean-Yves Le Drian ministre de la defense au Forum DGA innovation
© Guittet Pascal Guittet Pascal

Contrairement à Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargé du numérique ou à Mady Delvaux-Stehres, députée européenne luxembourgeoise, auteur du rapport concernant des règles de droit civil sur la robotique, Jean-Yves le Drian, est venu au colloque "Intelligence artificielle : des libertés individuelles à la sécurité nationale", qui s’est tenu à l’Assemblée nationale le 14 février. C’est qu’il avait un message fort à faire passer. "L’intelligence artificielle est un élément de notre souveraineté nationale", a-t-il affirmé. Il a prévenu à demi-mot les parlementaires présents, qu’elle prendrait une bonne place dans la prochaine loi de programmation militaire. Il a surtout expliqué pourquoi.

États-Unis et le Royaume-Uni en avance

D’abord, parce que "nos alliés", eux, en font déjà une arme stratégique de sécurité et de défense. "Dès 2014 le secrétaire d’État à la Défense de l’époque Chuck Hagel, a placé l’intelligence artificielle au cœur de la stratégie de sauvegarde de la défense et de la souveraineté des États-Unis, a rappelé le ministre de la Défense. C’est la troisième révolution stratégique, dite troisième offset. Avec l’hyper vélocité, la lutte sous-marine, la guerre électronique, l’intelligence artificielle, qui par ailleurs va innerver tous ces secteurs, doit conférer un nouvel avantage majeur aux États-Unis. Il s’agit de créer une troisième rupture technologique, après la dissuasion nucléaire et l’explosion des technologies de l’information et du numérique, pour garantir la supériorité et la sécurité américaine. Cette révolution potentielle sert de cadre et d’aiguillon à une politique d’investissement audacieuse."

La France doit donc elle aussi investir "pour être au rendez-vous des défis qui s’annoncent et auxquels nos principaux alliés se préparent activement, comme en témoigne le rapport robotique et intelligence artificielle de la chambre des communes britanniques ou le plan stratégique américain de recherche et développement en intelligence artificielle", explique le ministre. Deux documents stratégiques publiés à quelques jours d’intervalle… en octobre 2016.

Drones autonomes en essaims et rafale du futur

Ensuite, si l’intelligence artificielle est si stratégique pour la Défense, c’est qu’elle est au cœur des technologies de combat de demain : opérations à distances via des robots, "intelligence artificielle du champ de bataille" avec des capteurs ou des véhicules capables de traiter localement l’information, système d’opérations à base de neurones artificiels, formation des opérateurs par la simulation du mode d’action ennemi avec un niveau de réalisme sans précédent, cyberdéfense avec des applications détectant en temps réel parmi des milliers d’informations des signaux complexe caractéristique d’une cyberattaque et capable d’élaborer une stratégique de protection ou de riposte, autonomisation des drones opérant en essaims, nouvelle génération d’avion de chasse capable de contrer les progrès des défenses aériennes intelligente.

Dans ce domaine, "il nous faut donc raisonner différemment, sans abandonner ce qui fait la force de l’aviation de combat. Il faut aussi compter sur l’intelligence des plateformes, leur capacité à se reconfigurer, à dialoguer entre elles, et parfois être simplement sacrifiées, ce qui n’a de sens qu’avec des plateformes pilotées à distance, capable elles-mêmes d’attaques saturantes si nécessaires. […] Je parle là du successeur du Rafale", a expliqué Jean-Yves Le Drian.

Cyberguerre

Enfin, l’intelligence artificielle est stratégique, car elle est au cœur des questions de cybersécurité et de sécurité intérieure. "La révolution sociale de l’intelligence artificielle permet une diffusion très grande d’objets connectés et qui le sont sans protection suffisante. Or chaque objet physique peut devenir à la fois un capteur potentiel, pourvoyeur de renseignement et un récepteur d’ordres pouvant venir d’une tierce personne ou d’une organisation. Et donc une prise de conscience est impérative pour adopter des mesures de protection et réduire les comportements à risque", a rappelé le ministre

Et donc d’accepter le fait, que malgré les inquiétudes légitimes soulevées lors des débats sur la loi renseignement, "l’État a besoin de disposer de renseignements pour la sécurité nationale donc d’aller les rechercher sur les réseaux numériques ouverts ou fermés, et que cela va de pair avec la nécessité de protéger la vie privée et les données personnelles". Sans parler de la manipulation des informations. "Et là nous sommes en pleine actualité", a ironisé Jean-Yves Le Drian.

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1 commentaire

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22/02/2017 - 11h29 -

Je suis 100% convenu qu'il est nécessaire de détecter les malveillants anonymes utilisant l'IA pour déstabiliser une personne, une entreprise TPE ou PME ou notre pays. L'anonymat devra à posteriori permettre à notre justice d'identifier qui se cache derrière quelque soit son origine interne ou externe à la france...
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