L’inquiétude grandit chez les Sagem
Par Thierry Thomas (Poitou-Charentes) - Publié leSocial. Les salariés de l’usine Sagem de Saint-Benoît (Vienne) sont inquiets pour leur avenir et le font savoir (débrayages, distribution de tracts…). Un fait rarissime dans une entreprise où la discrétion est le maître-mot.
L’objet de cette inquiétude vient du futur rapprochement entre Safran (dont Sagem est filiale) et le groupe Thales. Un rapprochement d’activités fortement encouragé par l’Etat actionnaire des deux entités.
« Le choix vers lequel on semble s’orienter est celui de la création de deux co-entreprises. Thales serait majoritaire dans l’activité optronique et Safran dans la navigation [fabrication de tête de missiles]. Le site de Saint-Benoît est plutôt spécialisé dans le premier domaine. Safran fabrique en France alors que Thales produit majoritairement à l’étranger, notamment en Grande-Bretagne où des accords de pérennité de l’emploi ont été signés avec le gouvernement. Autrement-dit, en cas de baisse d’activité, la variable d’ajustement se fera en France », explique-t-on auprès de l’intersyndicale de l’usine poitevine.
Dans cette partie de jeu de go économico-politique, les salariés ont le sentiment d’être tenu à l’écart et déplorent le manque de communication de la direction générale du groupe.
L’usine de Saint-Benoît travaille pour la défense dans le matériel à base de technique infrarouge (caméras, jumelles) et notamment pour « le fantassin du futur » ainsi que dans la production de tête de missiles. Sagem emploie sur ce site 550 personnes en CDI et entre 100 et 200 intérimaires.
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