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L'INPI lance une campagne sportive mais désincarnée

20/05/2008
Le match de l'innovation se joue aujourd'hui. Tel est le message que souhaite faire passer l'Institut français de la propriété industrielle dans une campagne de promotion de six mois qui débute le 22 mai. Dans les vestiaires, des initiatives en direction des PME.
L'INPI lance une campagne sportive mais désincarnée Bienvenu dans un monde de compétition permanente. « Les entreprises sont engagées dans un match mondial. Grâce à la propriété industrielle, les entreprises française peuvent le gagner », explique Benoît Battistelli, directeur général de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI), qui lance le 22 mai une nouvelle campagne de promotion de six mois, pour inciter les PME à avoir recours au dépôt de marque, de dessin et de brevet.

But vide, piscine déserte... les visuels choisis laissent à penser que l'entreprise risque de se retrouver bien seule dans ce match planétaire. C'est pourtant l'idée inverse que souhaite communiquer l'INPI. Le gouvernement l'a en effet chargé de motiver un recours plus systématiques des PME à la propriété industrielle, notamment en passant de 500 à 1000 par an les pré-diagnostiques gratuits, instaurés depuis en 2004 et réalisés dans les PME qui n'ont pas déposé de brevet depuis cinq ans.

Car face à la culture du secret, le brevet doit encore faire ses preuves. En effet, selon une étude de L'Ifop commandé par L'INPI, seules 21 % des entreprises industrielles françaises ont déjà eu recours au dépôt de brevet, alors que 89 % d'entre elles reconnaissent les brevets comme utiles. « Les dépôts de brevet sont directement indexés sur la taille des entreprises », résume Frédéric Dabi, analyste de l'Ifop.

« Il faut faire passer les entrepreneur à l'acte », commente Benoît Battistelli, qui rappelle que, dans cette optique, l'INPI accorde une ristourne supplémentaire aux PME sur la redevance due à l'INPI, normalement de 600 euros. Jusqu'à maintenant, les entreprises de moins de 250 personnes ne payaient que 25 % du prix. Depuis le 1er mai, la réduction est portée à 50 % et concerne les entreprises jusqu'à 1000 personnes. Un beau geste, qui devrait coûter quelques 3 millions d'euros à l'INPI, mais qui réduit finalement peu le coût total d'un dépôt de brevet en France évalué à 5000 euros.

« Nous pensons compenser ce manque à gagner par l‘augmentation du nombre de dépôt ». Il est vrai que ces trois dernière année, le taux de dépôts des PME à augmenté de 4% par an, contre une moyenne de 2 à 2,5% auparavant. Mais rien ne dit que ces réductions en soit la cause. Qu'importe. Le message principal reste qu'il n'est plus de salut sans innovation.  A bon entendeur.

Aurélie Barbaux



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