imprimer

L'ingénierie manque de têtes

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le

Dans une conjoncture très porteuse, l'ingénierie doit réinventer les relations avec ses clients. Tout en affrontant une pénurie majeure d'ingénieurs.

Moral au beau fixe pour la matière grise. Alors que Syntec Ingénierie a célèbré le 16 novembre sa grand-messe à la Cité des sciences, à Paris, lors de ses 5ème Rencontres, l'ingénierie connaît une conjoncture inédite. « Sans équivalent depuis l'après-guerre », lance, encore surpris, Nicolas Simonin, directeur du développement de Jacobs France.

Cette société, qui emploie 700 salariés, connaitra 20 % de croissance cette année ! Un dynamisme confirmé par Alain Bentejac, président de Syntec Ingénierie et patron de l'entreprise Coteba, qui évoque des «carnets de commandes records.» B-TP, infrastructures, contrats publics ou privés, les projets fourmillent.

Avec des marchés en pointe, comme l'énergie ou les hôpitaux. Etudes de faisabilité, assistance aux maitres d'ouvrage, conception... Les heures de travail pleuvent par milliers. Dans l'industrie, c'est l'externalisation du développement, à laquelle s'adonnent de plus en plus l'automobile ou l'aéronautique, qui tire le marché. Et bénéficie à plein aux sociétés de conseil industriel comme Alten, Assystem, Akka ou Abmi. Derrière l'euphorie, la période s'avère pourtant délicate. Problème majeur, la pénurie de cerveaux. « Nous devons brider notre croissance, faute d'ingénieurs », déplore Florent Ormaechea, directeur général international d'Assystem. Pour y pallier, toutes les méthodes sont bonnes : séduire les étudiants sur les campus, les convier à des manifestations sur mesure, créer un prix pour ingénieurs en herbe...

Le recours à la sous-traitance dans des pays à bas coûts en tente certains. « Mais certains clients en reviennent. Ils perdent en réactivité sur leurs  projets », note un professionnel. Sans compter les problèmes de formation. Idée à suivre, Simon Azoulay, le patron d'Assystem, propose de s'associer avec des universités en Roumanie ou en Inde, en partenariat avec ses clients. Car le conseil industriel doit aussi s'internationaliser. « Il faut pouvoir suivre PSA ou Airbus en Chine ou en Europe de l'Est. Et mettre en place des ressources locales à leur standard de qualité », note Florent Ormaechea.

La montée du clé en main Les ingénieristes doivent aussi prendre en compte des relations nouvelles avec leurs clients. Dans la construction avec, notamment, la montée en puissance des partenariats public-privé, ces PPP qui font florès dans le secteur hospitalier. « A terme, on peut imaginer que cela concerne un gros contrat sur deux », estime Nicolas Simonin. Conséquence ? « L'ingénierie peut trouver sa place dans ce mode contractuel à côté des grands du B-TP. Mais cela implique de revoir nos process. Commerciaux, car la préparation de ces affaires est lourde. Mais aussi industriels, car les durées de réalisation sont plus courtes ».

Dans le conseil, la dernière évolution en vogue est la montée du clé en main. « Les donneurs d'ordres nous demandent de créer des sous-ensembles complets », témoigne Florent Ormaechea, dont l'entreprise a notamment conçu des blocs de climatisation pour un constructeur. Cette nouvelle donne implique la constitution d'équipes projets pluridisciplinaires. Mais l'organisation n'est-elle pas le savoir-faire premier des ingénieristes ?

P.-O. R.

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter