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L'inflation progresse en mars, l'euro décolle

Le 16 avril 2008 par Rédaction L'Usine Nouvelle

Alors que les économies européennes semblent plutôt bien résister à la crise des marchés, l'inflation, elle, n'a jamais été aussi élevée. Le record a été établi dans la zone euro en mars à 3,6% sur un an, selon les deuxièmes estimations de l'Office européen des statistiques Eurostat. La hausse des prix enregistrait déjà son plus haut niveau à 3,3% en février et 3,2% en janvier. C'est le septième mois consécutif que l'inflation en zone euro dépasse le seuil de 2% toléré par la Banque centrale européenne. Il y a un an, ce taux atteignait 1,9%.

Les chiffres de mars "ne calmeront pas les inquiétudes de la BCE concernant les pressions inflationnistes dans l'économie de la zone euro", a commenté Ben May, économiste chez Capital Economics. Contrairement à la Réserve fédérale américaine, qui a baissé à plusieurs reprises son taux directeur pour soutenir la croissance, la BCE maintient pour l'instant son propre taux inchangé à 4%, pour contenir les risques de dérapages inflationnistes.

L'inflation sous-jacente en forte hausse

Les origines de ce pic au cours des derniers mois sont désormais connues : l'envol des prix des matières premières dans l'énergie et l'alimentaire sur fond de ralentissement économique. Au total, la hausse des prix des produits alimentaires a atteint 6,2% en mars sur un an, tandis que celle des prix de l'énergie a plafonné à 11,2%. Dans le détail, les carburants pour le transport, les combustibles liquides, le lait, le fromage et les oeufs, ainsi que le pain et les céréales ont fortement impactés à la hausse le taux global en mars, indique Eurostat.

"Mais, plus inquiétant, l'inflation sous-jacente [hors énergie, produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac] a grimpé à 2% contre 1,8% en février, son plus haut niveau depuis avril 2003", poursuit  Ben May. Ces postes reflètent d'avantage les tendances de l'évolution des prix, car moins soumis aux instabilités de l'offre. Avec cette inflation sous-jacente forte, les analystes redoutent les effets de contamination aux salaires et à l'ensemble de l'économie.

Hors énergie et produits alimentaires non transformés, cet indicateur a même atteint 2,7% sur un an, un plus haut depuis six ans et une nette hausse par rapport aux 2,4% de février, souligne Howard Archer, économiste à l'institut Global Insight.

Conséquence de la publication du taux d'inflation pour mars, l'euro s'est envolé cet après-midi vers un nouveau sommet à 1,5969 face au dollar.

Carmela Riposa

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