Paul Berliet avait 93 ans. Le fils du fondateur du groupe automobile Berliet avait repris l’affaire familiale en 1949 au décès de son père. Le groupe Berliet a notamment été rendu célèbre par les légendaires modèles long nez de la série GLR présents sur tous les chantiers de France et d’Afrique française dans les années 1950 ou le Stradair à capot en 1965.
C’est en 1901 que le groupe a vu le jour grâce à Marius Berliet. Au départ, le constructeur est spécialisé dans l’automobile mais jusqu’en 1939 va se tourner vers l’industrie de la voiture de luxe.
En 1942, il est nommé directeur général de la fabrication. Mais à la Libération, son père et lui sont condamnés à de la prison pour collaboration économique avec l'occupant. Il passera "40 mois derrière les barreaux", avait-il raconté à l'AFP.
Il reprend la direction de l'usine, en 1949, à la mort de son père. Il est alors grâcié et est rappelé pour remonter l'entreprise en difficulté, placée sous séquestre cinq ans plus tôt. Le groupe se diversifie et devient rapidement le leader du secteur des véhicules de construction et dans les autobus. Il se développe largement en Afrique. Paul Berliet bouleverse les techniques et triple en 2 ans la capacité de production du site de Vénissieux.
En 1965 l’entreprise part à la conquête de la Chine avec sa première usine sur place. Mais en 1967 le groupe est racheté par le constructeur Citroën. C’est lui qui va désormais produire les camions estampillés Citroën. Le groupe finit en 1974 entre les mains de Renault. En effet, à l’occasion du rapprochement entre Peugeot et Citroën, la Régie Renault et l’Etat réclament en compensation de reprendre le fabricant de camions pour le fusionner avec Saviem. L’objectif étant alors de former le premier constructeur français de poids lourds.
En avril 1980, les noms de Berliet et Saviem disparaissent définitivement et passent sous la marque Renault Véhicules Industriels (R.V.I.), dont Paul Berliet prend la vice-présidence. Renault choisira les mécaniques Berliet pour les gammes hautes. La cabine KB 2400 continuera sur la série R de Renault jusqu'au lancement du Prémium en 1996.
Pour faire perdurer le nom de l'entreprise et donc de sa famille, Paul Berliet a créé une fondation attachée à valoriser le patrimoine laissé par l'entreprise lyonnaise.
Quelques images de Paul Berliet dans son usine :









