L’industrie pharmaceutique enquête sur le comportement de Genopharm
Par Gaëlle Fleitour - Publié le
EXCLUSIF Déjà ébranlée par l’affaire Mediator, l’industrie pharmaceutique a pris immédiatement ses distances par rapport à Genopharm, un laboratoire suspecté d’avoir commercialisé des médicaments anti-cancéreux périmés. L’Usine Nouvelle s’est procurée la lettre dans laquelle son syndicat, le Leem, demande une enquête pour faire toute la lumière sur cette affaire.
La polémique sur Genopharm, ce laboratoire accusé par son fournisseur de matière première – le laboratoire allemand Riemser – d’avoir commercialisé en France des lots périmés d’un médicament anticancéreux, le Thiotepa, prend une nouvelle ampleur. Car le syndicat de l’industrie pharmaceutique, le Leem, auquel appartient Genopharm, vient de saisir son Comité de déontologie fraichement créé pour statuer sur son conflit, dans une lettre que s’est procurée l’Usine Nouvelle.
"J’ai demandé au Codeem de faire une enquête pour qu’on se fasse une opinion sur la réalité des faits, explique Christian Lajoux, le président du Leem, à l’Usine Nouvelle. Et s’il y a manquement de l’entreprise concernée, comme des faits tendent à le démontrer, quelle est l’ampleur de ces manquements et leur impact."
"Absolument inexcusable"
Alors que l’affaire du Mediator est loin d’avoir révélé tous ses secrets, cette nouvelle polémique tombe très mal pour l’industrie pharmaceutique. "C’est à nouveau une situation préoccupante, d’abord pour les malades concernés, estime Christian Lajoux. Je me mets à la place des familles des patients, qui sont en droit de se demander comment sont administrés les médicaments. C’est extrêmement préoccupant de la part de nos collègues qui auraient été amenés - si c’est le cas - à changer des dates de péremption. C’est grave, choquant, absolument inexcusable ! Cela tombe sous le coup de la loi. C’est une entreprise qui contredit notre travail, au moment où l’ensemble de la profession s’efforce de démontrer que nous sommes attachés à la qualité pharmaceutique."
Après s’être renseigné auprès de l’Afssaps - l’agence de supervision des produits de santé –, le président du Leem a donc saisi son comité de "déontovigilance", le Codeem, qui aurait unanimement décidé de mener une enquête et a déjà pris contact avec le laboratoire concerné, Genopharm, ainsi que l’avocat de Riemser.
A l’issue de son travail d’instruction, le Codeem pourrait proposer une recommandation au président du Leem sanctionnant le comportement de Genopharm, si les faits étaient avérés. Car les entreprises membres du syndicat doivent désormais adhérer également aux bonnes pratiques de ce comité de moralisation.

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