L’industrie n’enthousiasme guère les lycéens des filières scientifiques et technologiques

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Etudiants
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  Alors que commence la Semaine de l’industrie, les Arts-et-Métiers et L’Usine Nouvelle publient un baromètre mesurant la perception de l’industrie par les lycéens. Il en ressort qu’elle présente un handicap d’image par rapport aux autres secteurs auprès des jeunes qui la méconnaissent. A l'inverse, ceux qui la connaissent l'apprécient et pourraient y travailler comme ingénieur. Plus que jamais, faire découvrir les métiers de l'industrie est indispensable.

Entre les lycéens de section scientifique et technologique et l’industrie, ce n’est ni la passion, ni le grand amour, pas davantage la haine. Entre les jeunes et la vieille dame toujours verte, la relation ressemble plutôt à un flirt possible. S’ils la connaissaient mieux, la relation pourrait peut-être se prolonger, mais en l’état, force est de constater qu’ils ne se connaissent pas bien. C’est ce qu’on découvre en lisant les résultats du baromètre Arts et métiers l’usine nouvelle, réalisé par OpinionWay. (*)

Ainsi, 69 % des lycéens interrogés déclarent avoir une bonne image de l’industrie (10 % ont une très bonne opinion et 59 % une assez bonne opinion). C’est un résultat correct. Toutefois, c’est près de 10 points de moins que les métiers de services (77 %) et 20 de moins que ceux du commerce et de l’artisanat (87 %). L’image de l’industrie est meilleure auprès des garçons (71 %) que des filles (66 %), des élèves de série technologique (73 %) que scientifique (67 %), en Ile de France (73 %) que dans le reste de la France (67 %).

Une méconnaissance du monde industriel

Un amour en demi-teinte  donc qui provient largement d’une méconnaissance du monde industriel. Quand on demande aux jeunes si un produit est ou non industriel, l’automobile reçoit 100 % des réponses, devant un smartphone (91 %), un pack d’eau minérale (71 %) ou un parfum (68 %). Rien d’étonnant donc si les lycéens qui ont une image négative évoquent d’abord l’image "des usines qui ferment", "les licenciements" (20 %), "un secteur qui manque de compétitivité, qui est en déclin" (17 %). Et  si seulement 25 % des jeunes interrogés considèrent qu’il est facile de décrocher un emploi dans la filière de l’industrie.

A l’inverse les fans de l’industrie pointent qu’elle est "un secteur d’avenir" (18 %), qu’elle est "source de progrès et d’innovation" (18 %). Pour ne rien arranger, les jeunes lycéens ont une image négative des entreprises industrielles, qui ne respectent pas l’environnement  pour 70 % des personnes interrogées, qui ne sont pas respectueuses de leurs salariés (61 %) et qui n’offrent pas de bonnes rémunérations (54 %).

Paradoxalement, avec ces résultats plus que mitigés sur l’industrie, c’est une bonne nouvelle que 46 % des lycéens souhaiteraient faire des études d’ingénieur, les garçons (58 %) sont plus nombreux que les filles (27 %), les élèves issus de filières technologiques (50 %) que les scientifiques (45 %). De même 45 % des lycéens déclarent qu’ils aimeraient travailler dans l’industrie. Les secteurs qui attirent le plus les jeunes sont les énergies renouvelables (49 %), les équipements électriques, électroniques et numériques (42 %), la construction aéronautique ou spatiale (40 %), la chimie (27 %), l’automobile (17 %).

L’étude d’Opinionway confirme qu’un des handicaps de l’industrie reste la méconnaissance du secteur et de ses métiers. 39 % des lycéens disent bien connaître les métiers de l’industrie, 35 % les formations qui y conduisent. Si le métier d’ingénieur arrive en tête des métiers, ce n’est pas un hasard, mais la récompense de l’action des écoles. 63 % des lycéens estiment qu’elles informent convenablement et ils sont 53 % à déclarer qu’ils pourraient rejoindre les bancs de l’une d’entre elles pour travailler dans l’industrie,  19 % envisagent de rejoindre un BTS et 16 % un IUT.

Christophe Bys

(*) Réalisée auprès d’un échantillon de 507 lycéens représentatifs de la population des lycéens en série S et technologique, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, de série et de niveau d’études après stratification par région de résidence.

 

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