L'industrie française manque de trésorerie08/07/2008
Les patrons d'industrie lancent un cri d'alarme: leur trésorerie s'est fortement dégradée au cours des six premiers mois de l'année à en croire la dernière enquête de l'Institut national de statistiques, publiée hier. Leur solde d'opinion chute de 10 points depuis décembre 2007. Soit le plus bas niveau depuis la récession de 1993 !
Dans les biens intermédiaires et de consommation, la situation de trésorerie est globalement jugée difficile avec des résultats d'exploitation estimés moins satisfaisants. La hausse des matières premières, combiné à une baisse des ventes, a pesé dans les comptes. L'automobile et l'agroalimentaire très dégradés Le secteur des biens d'équipement s'en sort mieux même si « les variations de stocks et dans un moindre mesure des pertes exceptionnelles » ont alourdi la trésorerie, indique l'Insee. Pourtant, pour le second semestre, les patrons de ces secteurs ne sombrent pas complètement dans le pessimisme. Ils anticipent une trésorerie et un résultat d'exploitation globalement stable. En revanche, l'automobile et l'agroalimentaire semblent particulièrement souffrir du retournement actuel des marchés. Dans le premier, la « situation s'est à nouveau dégradée » indique l'Insee, l'indice chutant de -2 à -32. Et ce, «malgré l'enregistrement d'une hausse sensible des prix de vente», écrit l'Insee et alors que les immatriculations se sont globalement bien portées au cours des six premiers mois. Dans le second, les patrons font reculer l'indice de -1 à -17, un solde d'opinion «jamais atteint au cours des vingt dernières années», souligne l'Institut. Cette dégradation, à relier avec la hausse des prix des denrées alimentaires, devrait se poursuivre au second semestre selon les industriels. Endettement plus grand De manière générale, tous secteurs confondus, les prix des approvisionnements demeurent le facteur le plus défavorable aux résultats d'exploitation. Les chefs d'entreprise pointent également du doigt les charges salariales, alors que six mois auparavant celles-ci constituaient encore un élément favorable. Enfin, dernier point peu encourageant de cette enquête : l'endettement des entreprises, toutes tailles confondues, a fortement augmenté à court, moyen et long-terme, passant bien au-delà de sa moyenne historique. Dans un tel contexte, point d'euphorie à prévoir du côté de l'emploi. Dans les six mois à venir, les industriels prévoient une réduction des horaires et des effectifs. Autre mauvaise nouvelle : ils anticipent une nouvelle augmentation des prix de ventes, avec un solde qui passe de 27 à 33. Carmela Riposa |
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