L'industrie française doit faire rimer compétitivité et R&D selon Bruxelles
Par Astrid Gouzik - Publié le
La Commission européenne a dévoilé vendredi 15 octobre son rapport "Politique industrielle: renforcer la compétitivité". Dans cette étude sur la performance des États membres en matière de compétitivité industrielle, Bruxelles adresse quelques recommandations à la France.
Faciliter les changements structurels et améliorer sa compétitivité extérieure. Ce sont les deux défis auxquels devra se frotter la France, si l’on en croit le rapport dévoilé vendredi dernier par Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne. Et pour atteindre ces objectifs, le rapport recommande un meilleur positionnement technologique et géographique et une forte croissance des entreprises en dessous de 2 000 employés. Autant de mesures permettant de renforcer le tissu industriel de la France.
Et si l’industrie française se place au 10è rang en termes de productivité par personne employée, Eric Heyer, directeur adjoint au Département analyse et prévision de l’OFCE, n’y voit rien d’alarmant. "La France a une bonne productivité, bien au-dessus de la moyenne européenne. La productivité horaire est bonne aussi. Cela démontre que l’on peut avoir des salaires plus élevés puisque la productivité est forte. La France ne souffre pas d’un manque de compétitivité", développe-t-il.
Mais tout dépend du pays auquel on se compare. Et effectivement, si on se mesure à l’Allemagne au 8ème rang du classement ou à la Grande-Bretagne au 9ème rang, la France est moins compétitive. Pour ce qui est de la comparaison avec l’Irlande, le bon élève du classement de la productivité par salarié, elle est épineuse. En effet, le pays sort de trois années de récession et commence seulement à renouer avec la croissance. Pour y arriver, elle a dû en passer par une énorme dépréciation des coûts unitaires de main-d’œuvre.
Innovation : la France au 16ème rang
Sur le front de l’innovation, la France accuse un certain décalage. Avec seulement 50% d’entreprises innovantes, elle se place derrière l’ltalie, la Grèce et le Portugal. La Commission européenne préconise la mise en place de conditions favorables pour les start-up innovantes, le développement des secteurs de haute technologie. Selon elle, un accent particulier doit être aussi mis sur les activités de recherche et développement. "Pourtant, en R&D, la France se situe toujours au-dessus de la moyenne européenne", souligne Eric Heyer.
Et même en Allemagne, qui distance pourtant la France dans ce classement, la R&D éprouve quelques difficultés. "Globalement l'Allemagne pourrait bénéficier d'investissements supplémentaires en R&D pour rester à la frontière technologique", précise la Commission européenne dans son rapport.
Autre axe d’amélioration mis en exergue par Bruxelles : alléger le "fardeau de la réglementation et les procédures administratives". Des comparaisons qualitatives "à prendre avec des pincettes", selon Eric Heyer. "Les comparaisons quantitatives sont intéressantes, sur le qualitatif, on peut arriver à des résultats très paradoxaux", ajoute-t-il.
Mais toute qualitative qu'elle soit, la remarque semble fondée puisque le député Jean-Luc Warsmann a remis le 6 juillet à Nicolas Sarkozy un épais rapport sur la simplification des normes en faveur des acteurs économiques, en particulier les PME.

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