L’industrie contre l’agriculture
Par Thibaut de Jaegher - Publié le
Il y eut une guerre, il y a 150 ans, aux États-Unis. Une guerre de Sécession qui opposa le Sud contre le Nord, on le sait. Les partisans de l’esclavage à ceux de la liberté. Mais, derrière cet enjeu idéologique, se jouait aussi un autre conflit : celui de l’industrie contre l’agriculture.
Le Nord avait les usines, le Sud les plantations de coton. Le Nord développait un système économique fondé sur les machines, la production de masse. Le Sud cherchait à faire perdurer un business model fondé sur la main-d’oeuvre gratuite, celle des esclaves.
Sur le papier, le Sud avait tous les atouts pour l’emporter. Avec leur coton, les 11 États confédérés possédaient une économie solide, capable de financer la guerre, et les meilleurs généraux.
Le Nord, en revanche, semblait plus désorganisé. Il peinait à lever une armée et son économie industrielle n’en était qu’à ses balbutiements. Ce n’est qu’après plusieurs mois de lutte que les Tuniques bleues réussirent à prendre l’avantage.
Grâce aux usines et à la mise en place d’un système de fabrication standardisée, les États de l’Union réussirent à submerger sur les champs de bataille les combattants sudistes. Chaque perte matérielle ou humaine du Nord était aussitôt remplacée... Contrairement au Sud, dépourvu de fabriques, qui s’appauvrit au fil des batailles.
La principale erreur des dirigeants sudistes fut sans doute de ne pas se servir de leur principale arme : le coton. Avec cette matière, indispensable aux jeunes usines textiles d’Europe, ils auraient pu s’attacher le soutien des pays européens, comme le Royaume-Uni. 80% de la production mondiale sortait de leur plantation.
4 réactions
Quentin64 | 26/09/2011 - 16H19
Je vous suis tout à fait sur l'esprit de l'article.
Ce que je désirais préciser c'est que les dirigeants du Sud étaient convaincus de la carence en matière industrielle, commerciale et financière et ont voulu y remédier. Il n'y a pas eu d'aveuglement de leur côté et je ne pense pas qu'ils aient absolument voulu faire perdurer "un business model fondé sur la main-d’oeuvre gratuite, celle des esclaves". C'est justement ce que le Nord a voulu empêcher d'où la sécession suivie de la guerre civile.
Bien entendu, en 1861, les États du Sud étaient au niveau du constat de leurs dirigeants ou presque. De fait, le conflit a bien eu lieu entre une puissance essentiellement basée sur l'agriculture et une puissance industrielle. Je suis désolé d'avoir pu faire comprendre le contraire.
Thibaut De Jaegher | 26/09/2011 - 08H42
Merci pour votre commentaire. Tout ce que vous dites est juste. Je vous rejoins sur tous vos points sauf quand vous affirmez que le Sud avait une économie industrielle. Nous ne pouvons pas affirmer cela lrosque l'on sait que le coton produit dans les états du Sud était très majoritairement exporté.
Le propos de cette chronique n'était pas de rappeler tous les tenants et aboutissants de cette guerre mais simplement de pointer que ce conflit fut aussi d'une certaine manière une guerre entre une économie basée sur l'agriculture et une économie émergente basée sur l'industrie.
Quentin64 | 24/09/2011 - 23H14
C’est justement parce que les États du Sud voulaient se défaire de leur dépendance industrielle, commerciale (le coton était commercialisé par le Nord) et bancaire qu'ils ont tenté de se doter d’une industrie et d’établissements financiers et commerciaux propres. Les États du Nord, voyant le danger pour leur économie essentiellement basée sur cette emprise, ont tout fait pour faire capoter ces projets. C’est cette pression qui a provoqué la sécession d’ailleurs légale car prévue dans la constitution de l’Etat Fédéral. Inacceptable pour les États du Nord du fait de l’enjeu, ceux-ci ont été « contraints » de mettre aux pas leurs voisins méridionaux. Durant le conflit, le blocus des ports sudistes interdisant toute exportation de coton n’a fait qu’aggraver la situation de la confédération.
Quant à l’esclavage tout le monde savait, au Sud comme au Nord et ceci bien avant la guerre civile, qu’une solution devait être trouvée tôt ou tard. Ce n’est qu’au court de la guerre, vers 1863, quand celle-ci semblait tourner à l’avantage des confédérés et que le moral des troupes et de la population de l’Union s’effondrait, que les autorités ont élaboré le concept « de la guerre morale contre l’esclavage ». « La case de l’oncle Tom » parut d’ailleurs durant cette année là et est un élément de cette guerre psychologique.
Siham | 24/09/2011 - 13H31
on ne va tout de même pas les plaindre d'avoir perdu la guerre et par là mis fin au plus grand crime jamais commis par l'Homme : l'esclavage !!! A un moment il faut arrêter de dire n'importe quoi !

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