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L’industrie chocolatière suisse broie du noir

Le 16 mars 2010 par Yann Le Houelleur
le chocolat qui ne fond pas
© DR

Que ce soient les ventes sur le marché indigène où les exportations, les dix-huit fabricants de la branche attendent des jours meilleurs, qui pourraient se faire attendre un peu.

 

Les résultats financiers plutôt amers enregistrés par la prestigieuse maison Lindt & Sprüngli en 2009 confirment la passe difficile que traverse l’industrie chocolatière helvétique. Assurément, 2009 a été une année indigeste: pour la première fois en six ans, les 18 fabricants du secteur ne sont pas parvenus à dépasser leurs ventes et résultats de l’exercice antérieur. En 2009, par rapport à 2008, les volumes écoulés ont reculé de 5,9 % à 174.109 tonnes. Le chiffre d’affaires de la branche a diminué de 6,4 %

Ces chiffres émanent de Chocosuisse, fédération réunissant les fabricants de la branche.

Sur le marché indigène comme à l’exportation, le chocolat suisse a passablement fondu. Les ventes des 18 chocolatiers en Suisse même ont représenté, en 2009, 68.375 tonnes, soit 6,9 % de moins que l’année précédente. Toujours sur le marché indigène, qui absorbe environ un tiers de la production de l’industrie chocolatière helvétique, le chiffre d’affaires de celle-ci a atteint 870 millions de francs, en diminution de 2,7 %.

Chine, Moyen-Orient, Australie

Les exportations n’ont pas réussi à compenser ce manque à gagner auprès des consommateurs suisses : en volumes, les ventes à l’étranger ont régressé de 5,2 %, le CA global du secteur ayant été de 832 millions de francs. Principal marché à l’exportation, l’Europe a pesé lourd dans ces mauvaises performances, en particulier l’Allemagne où les ventes de Lindt & Sprüngli ont subi une baisse de près de 10 %. Par contre, le groupe, considéré comme haut de gamme quant à son offre, se félicite des résultats en forte hausse dont il bénéficie sur des marchés lointains tels que la Chine, le Moyen-Orient et l’Australie.

L’industrie chocolatière helvétique se plaint de la concurrence toujours plus vive que lui infligent les produits en provenance de l’étranger. La part des chocolats importés dans la consommation suisse s’est élevée à 33,6 % en 2009, contre 30,9 % l’année précédente. Des chocolats plus bas de gamme, qui en temps de crise séduisent tout naturellement le porte-monnaie des Helvètes, pourtant fort exigeants quand il s’agit de friandises. Comment expliquer ceci ? Journaliste au quotidien Le Temps, Daniel Eskenazy fournit une piste : «Le hard discount s’est fortement développé en Suisse ces derniers temps et une enseigne telle que Lidl fait venir ses chocolats, entre autres denrées, d’Allemagne.»
Malgré tout, les Suisses restent les premiers dévoreurs de chocolat au monde, avec une consommation moyenne par habitant de 11,7 kg par année.

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