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L'Inde suspend l'ouverture du secteur de la distribution

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NEW DELHI (Reuters) - Le gouvernement indien a suspendu mercredi son projet d'ouvrir le secteur de la distribution, qui pèse quelque 450 milliards de dollars (335 milliards d'euros), aux entreprises étrangères en raison de la vive opposition politique qu'a suscité cette initiative.

L'opposition, mais aussi les formations alliées au parti du Congrès (au pouvoir), ont perturbé les travaux parlementaires deux semaines durant pour obliger le gouvernement du Premier ministre Manmohan Singh à revenir sur sa décision.

La réforme, proposée par le gouvernement indien afin de faire face à un ralentissement de la croissance et à une baisse des investissements, aurait dû permettre à des groupes étrangers tels que Wal-Mart, Carrefour ou Tesco de prendre une participation de 51% dans des coentreprises de supermarchés.

Cet échec politique risque de conforter l'image d'un pays émergent moins enclin à l'ouverture économique que les autres pays Brics, comme la Chine ou le Brésil.

Le gouvernement espérait, par le biais de cette réforme, atténuer la pression inflationniste, attirer les investisseurs et favoriser la création d'emplois.

"Il est certain que cette décision repousse d'autant la création d'un nouvelle activité économique", commente Kishore Biyani, directeur général de Future Group, société-mère du distributeur indien Pantaloon.

"Nous sommes persuadés qu'à un moment ou à un autre le bon sens aura gain de cause et qu'un consensus se formera, peut-être pas suivant la forme proposée à l'origine".

La Chambre de commerce et d'industrie indienne a jugé cette décision "profondément décevante" et a proposé de réduire la participation des groupes étrangers dans les coentreprises de supermarché à 49% ou encore de limiter l'ouverture de magasins étrangers aux villes d'au moins 1,5 million d'habitants.

Le gouvernement de la troisième économie d'Asie n'a pas dévoilé de nouveau calendrier pour relancer cette réforme, mais les analystes estiment que les profondes divisions politiques sur le sujet pourraient empêcher le débat de refaire surface pendant un certain temps.

L'économie indienne a connu son plus faible rythme de croissance en plus de deux ans sur le trimestre à fin septembre.

Manoj Kumar, Wilfrid Exbrayat et Catherine Monin pour le service français, édité par Nicolas Delame

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