"L'Inde est un des marchés prioritaires de Schneider Electric"
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ENTRETIEN Avec plusieurs acquisitions et 31 usines, Schneider Electric India compte parmi les gros industriels français les plus actifs en Inde depuis 2000. A l'occasion du dossier spécial consacré à ce pays, L'Usine Nouvelle a rencontré son directeur général à New Delhi, Olivier Blum.
L'Usine Nouvelle - Qu'est ce qui caractérise l'industrie en Inde pour un groupe comme Schneider electric ?
Olivier Blum - C'est d'être l'un des marchés les plus exigeants au monde. Si vous réussissez ici, vous réussirez sans doute partout… Avec l'intégration d'Areva Distribution, nous atteignons 700 millions d'euros de chiffres d'affaires. Avec 31 usines et 11 500 salariés (14 000 avec le personnel temporaire), nous sommes un des cinq plus gros employeurs français en Inde - et nous avons une activité significative à l'export - qui nous a aidés à grandir plus vite et devenir plus compétitif.
En quoi est-il ce marché est-il difficile ?
Comme dans tous les pays émergents il faut suivre une croissance forte à deux chiffres. Mais en pratique cela va au-delà. Il faut repenser fondamentalement vos produits et votre business model pour être au bon niveau de compétitivité. En 2008, nous avons tout remis à plat et dessiné une stratégie claire sur un axe " India for India" qui s'appuie sur un gros centre de R&D, destiné à devenir l'un de nos principaux au monde, et une grande confiance dans les équipes locales. L'Inde est l'un de nos marchés prioritaires avec la France, les Etats-Unis, et la Chine , le Brésil, la Russie. Aujourd'hui c'est le septième en chiffre d'affaires et l'une des nouvelles machines de croissance de Schneider Electric !
Quelle organisation avez-vous adoptée ?
Tout est intégré dans notre organisation globale sous nos marques et notre système de production à une exception près, la société Luminous, acquise cet été. Son modèle est fascinant. Luminous fabrique des onduleurs et systèmes de stockage d'énergie pour les particuliers et les PME, des produits ultra simples, de qualité, parfaitement adaptés au marché et avec un réseau de distribution composé de 25 000 points de vente. Un des porte-drapeaux de la marque est l'immense champion indien de cricket Sachin Tendulkar, une star. Dans cette société, quand ils peuvent économiser 1 roupie, ils le font, avec une imagination folle. Nous ne voulons pas casser le modèle et en faire profiter également l'ensemble de Schneider Electric.
Les cadres qualifiés sont recherchés en Inde, comment gérez-vous les compétences ?
Les ressources humaines sont une des mes priorités, en fait j'y consacre la moitié de mon temps Dans notre plan 2015, à coté du développement commercial, il y a un volet ressources humaines. Je rencontre régulièrement les 200 principaux managers du groupe en Inde et notre taux d'attrition est proche de zéro dans cette catégorie. On s'interroge aussi en permanence pour savoir si l'on aura les bonnes ressources au bon endroit pour supporter la croissance de demain, notamment lors des acquisitions. Et on fait le maximum pour être attractif et devenir un employeur de référence.
La croissance en Inde reste forte, mais en cet automne, il y a des signes de ralentissement. Que percevez-vous sur le terrain et vos marchés ?
En effet, le ralentissement se fait également sentir en Inde. Les raisons sont a la fois la crise de confiance vis avis de la situation économique mondiale mais également les problèmes du gouvernement ayant du mal a résoudre les problèmes internes du pays (inflation, corruption, ...) et une roupie se dépréciant jour après jour vis a vis du Dollar.
Propos recueillis à New Delhi par Pierre-Olivier Rouaud

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