L'extranet européen de l'automobile déçoit

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2921

Les équipementiers automobiles français jugent le réseau privé européen, ENX, surdimensionné et trop onéreux. Des défauts qui freinent son déploiement auprès des PMI.

Désillusion chez les équipementiers automobiles français. Ouvert depuis juillet 2002, l'extranet européen de l'industrie automobile, ENX (European network eXchange), ne tient pas vraiment ses promesses. A l'occasion de la conférence Galia (Groupement pour l'amélioration des liaisons dans l'industrie automobile) du 27 mai dernier, la rentabilité d'une adhésion au réseau privé a même été ouvertement mise en cause. C'est Gilles Desvaux, responsable IAO du Groupe Treves, qui lance le débat : « Pour 15 000 euros par an, notre liaison ENX ne sert qu'à transmettre des données dans 80 % des cas. Pas à travailler sur maquette numérique. Pourtant sous dimensionnée par rapport aux exigences initiales des constructeurs, elle n'est même jamais saturée. » Dans la salle, Jean-Claude Fichera, directeur des achats, logistique et e-business de Rieter Automotive enfonce le clou : « ENX est trop cher et il est temps de chercher des solutions plus compétitives. »

Une rentabilité difficile à atteindre

Interpellé, Daniel Nabet, directeur adjoint grands comptes industrie chez France Télécom, se défend. Les tarifs de connexion de l'opérateur français et de son homologue allemand, Deutsche Telekom, ont baissé de 30 à 40 % depuis le début de l'année. L'offre ENX ADSL lancée en octobre dernier, serait également plus accessible. « Mais pour des raisons techniques, ENX ne peut devenir une commodité et être moins cher. Seul une commande groupée de plusieurs dizaines d'entreprises peut permettre d'aller plus loin. » Dimensionné pour permettre un accès sécurisé à des maquettes numériques et des systèmes de CAO-conférence, « ENX n'est rentable que lorsqu'un équipementier de rang 1 travaille en coconception avec au moins, trois constructeurs », reconnaît Lennart Oly, directeur de l'asso- ciation d'ENX. D'où la nécessité pour les équipementiers français de chercher d'autres usages pour ce réseau haut débit privé. L'EDI (échange électronique de données), par exemple. Avec Renault, c'est déjà possible. « Dix équipementiers travaillent en EDI via ENX », se félicite Nahi Chakhtoura, chef de projet achats de Renault. En revanche, chez PSA Peugeot- Citroën, la question ne semble pas être d'actualité. « Techniquement, c'est possible », reconnaît un représentant de GXS, le prestataire EDI du constructeur. Mais des défauts de qualité de service seraient invoqués pour conserver les systèmes en place. Ces différences d'approche laissent l'association ENX de marbre. « C'est à la profession de faire vivre l'extranet et de multiplier les applications accessibles via le réseau », estime Lennart Oly.

Conçu comme un outil haut de gamme, l'extranet reste également inaccessible aux PMI. Mais les choses sont en train de changer. « Il est peut-être temps de revoir à la baisse les exigences techniques d'ENX pour donner accès aux PME », propose Jean-Jacques Urban Galindo, chef du projet ingénierie numérique chez PSA Peugeot-Citroën. L'association ENX y réfléchirait depuis déjà un an. Et France Télécom se déclare prêt à étudier une version « light » d'ENX. La balle est désormais dans le camp des grands donneurs d'ordres qui ont créé l'extranet privé.

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