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L’Europe vise toujours 3% du PIB en R&D

Par Aurélie Barbaux - Publié le
Conference a Bruxelles de Maire Geoghegan Quinn, commissaire europeen a la recherche
Conference a Bruxelles de Maire Geoghegan Quinn, commissaire europeen a la recherche
© Wiktor Dabkowski/ZUMA/REA

La nouvelle stratégie européenne d’innovation prévoit de refondre certaines aides, d’instaurer de grands partenariats de recherche entre Etats autour des grands défis sociétaux et d’agir sur la commande publique pour créer un grand marché européen.

Enfin ! Avec plus de six mois de retard, la Commission européenne a dévoilé le 6 octobre son plan de bataille pour doper l’innovation en Europe, et s’armer contre l’inexorable avancée de l’Asie. Innovante dans la méthode, cette nouvelle stratégie, baptisée « Union pour l’innovation », ne l’est pas dans son objectif principal : les dépenses de R&D des 27 doivent atteindre 3 % du PIB, d’ici à 2020. Le même objectif, donc, que celui de la précédente stratégie d’innovation, dite de Lisbonne, qui visait déjà les 3% d’intensité de R&D pour tous les pays de l’Union, mais pour 2010 ! Objectif non atteint. Nous ne sommes qu’à 1,85%, contre 2,7% aux Etats-Unis et 1,5% en Chine. Mais au Pays du milieu, ce taux progresse de 30 à 40 % par an, alors qu’il stagne chez nous depuis des années. « Si nous continuons ainsi, l’Europe et les Etats-Unis vont perdre leur suprématie scientifique au profit de l’Asie d’ici à 2020 », prévient un membre de la direction générale de la Recherche de la Commission européenne. Une vision presque optimiste, au vue de la vitesse à laquelle la Chine avance.

Pour réussir, là où la stratégie de Lisbonne a échoué, le plan de l’irlandaise Máire Geoghegan-Quinn, commissaire chargée de la recherche, de l’innovation et des sciences, veut agir sur les principaux freins à l’innovation en Europe : manque de financement, morcellement des systèmes de recherche et du marché, sous utilisation des marchés publics et lenteur des travaux de normalisation. 

Mutualiser les efforts de R&D autour les grands défis

Concrètement, le plan prévoit d’agir à trois niveaux autour des grands défis sociétaux : structurel, action publique et partenariats entre les Etats. Cette dernière mesure est surement la plus emblématique du plan Union pour l’innovation. Ces partenariats permettront de favoriser la R&D, de coordonner les investissements, d’accélérer la définition des normes et de mobiliser la demande. Dès début 2011, un partenariat pilote sera lancé sur le vieillissement actif et en bonne santé. Il visera à prolonger de deux ans d’ici à 2020 la période de notre vie pendant laquelle nous sommes en bonne santé. D’autres partenariats suivront. Ils seront consacrés à l’énergie, aux villes «intelligentes» et à la mobilité, à l’utilisation rationnelle de l'eau, aux matières premières non énergétiques et à l’agriculture durable et productive.

Au niveau structurel, l’idée générale consiste à transformer l’Europe en un grand marché unique et ouvert de l’Innovation. La Commission compte donc demander aux Etats de réserver une part de leurs achats publics (17% du PIB de l’Europe) à l’innovation, pour arriver à un total de 10 milliards d’euros uniquement pour les achats d’innovation. Les villes pourraient par exemple se regrouper pour lancer conjointement leurs appels d’offres, proposant ainsi un marché avec une taille critique suffisante pour que les industriels soient motivés à doper leurs investissements de R&D.

L’idée d’un brevet Europe, est bien sûr de nouveau évoqué, mais pour sortir de l’impasse, c’est Michel Barnier, Commissaire pour le marché interne et les services, qui fera des propositions concrètes dans quelques semaines. En revanche, dès début 2011, la Commission promet une proposition législative visant à accélérer et moderniser l’élaboration de normes.

Pour l’action publique, d’ici à 2014, c’est l’ensemble des programmes de financement, du programme cadre (50 mds d’euros sur 7 ans) et des fonds structurels (300 mds d’euros) qui sera revu avec l’arrivée de nouveaux outils financiers en  partenariat avec la Banque européenne d’investissements : prêt aux  PME, régime de capital-risque transfrontalier, fonds d’amorçage….

Pour booster la créativité, la Commission lancera en 2011 un comité directeur européen du design (European Design Leadership Board) et un label «design d’excellence européenne» (European Design Excellence Label). Enfin, pour suivre l’efficacité de ces mesures, la Commission a décidé d’ajouter un nouvel indicateur aux 25 déjà présents dans son  «tableau de bord de l’Union de l’innovation»  pour mesurer la part des entreprises innovantes à croissance rapide dans l’économie. Elle prévoit aussi de créer son propre  classement des universités, qui prendrait plus en compte les efforts de valorisation des idées.

Au total, ce sont une trentaine de propositions qui sont avancées. Elles seront débattues au Conseil «Compétitivité» du 12 octobre et au Conseil européen de décembre. Son état d’avancement sera suivi dans le cadre de la gestion de la stratégie Europe 2020. Une conférence annuelle sur l’innovation permettra de faire le point sur l'Union de l'innovation.

Pour en savoir plus

http://ec.europa.eu/innovation-union

http://ec.europa.eu/enterprise/policies/innovation/index_fr.htm

http://www.facebook.com/innovation.union

http://twitter.com/innovationunion

http://blogs.ec.europa.eu/innovationunlimited/

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