L’Europe de l’ingénierie reste à construire
Par Didier Ragu - Publié le
Les 10e rencontres annuelles de l’ingénierie de la construction et de l’industrie, qui se sont déroulées le jeudi 20 octobre 2011, ont choisi une thématique ambitieuse dans le contexte actuel : l’Europe.
Si l’on cumule les chiffres, l’ingénierie en Europe représente 1,3 million d’emplois et 138 milliards de services ingénierie, dont 15 milliards d’exportations nettes. Mais, l’Europe de l’ingénierie n’existe pas. Les entreprises du secteur doivent en effet encore faire face à des blocages nationaux. La mobilité des ingénieurs dans les pays membres se heurte par exemple à une multitude de statuts disparates.
Les spécifications et les réglementations nationales innombrables représentent une véritable tour de Babel. Et même le développement durable n’arrive pas à jouer le rôle de dénominateurs commun aux 27. Du coup, la réalisation des grands projets européens de fabrication ou de construction doit faire face à un secteur très morcelé, avec des groupes encore trop nationaux.
Tel est le constat, peut réjouissant, dressé par les membres du Syntec Ingénierie, réunit ce jeudi 20 octobre au CNIT Paris La Défense, pour les 10e rencontres annuelles de l’ingénierie de la construction et de l’industrie. Quelques pistes, sous forme de vœux pieux ont néanmoins été évoquées : carte professionnelle de l’ingénieur européen, harmonisations des normes réglementaires, voire le regroupement d’ingénieristes locaux trop petits…
Mais l’Europe n’était pas le seul sujet de débat. Les professionnels de la maitrise d’œuvre et de l’assistance à maitrise d’ouvrage (ingénieristes, consultants, économistes), les partenaires de l’ingénierie (pouvoirs publics, industriels, contrôleurs, investisseurs) et les clients (donneurs d’ordre) ont également abordé des thématiques plus spécifiques à la profession comme les risques naturels, la mobilité et le transports, l’enjeux urbains, la responsabilité sociétale des entreprises, le développement durable, les leviers d’optimisation des projets industriels ou encore les normes internationales. La recherche et l’innovation étaient-elles, principalement promues sur un espace vitrine technologiques.
Ces rencontres étaient l’occasion de la remise des Grand prix National de l’Ingénierie, dont le jury était cette année présidé par Christian Leyrit vice-président du conseil général de l’environnement et du développement durable. Trois projets en cours de réalisation ont été récompensés : l’élargissement du canal de Panama (Consortium Post Panamax), le tunnel duplex de la A86 (Vinci, Ingérop, Cofiroute) et le fauteuil roulant électrique wHing (Segula Technologie).
Enfin, les Prix de l’Ingénierie du Futur (PIF) ont été remis par Alain Bentéjac, le président de Syntec Ingénierie, à de jeunes étudiants innovants. Trois projets ont retenu l’attention du jury, dont faisait partie L’Usine Nouvelle. L’alimentation autonome en énergie d’une unité flottante de liquéfaction de gaz était présentée par l’École des Ponts ParisTech/Ensta. La valorisation de la paille dans la construction était proposée par les Mines de Douai. Le dimensionnement d’une hydrolienne à axe vertical dans un delta du Sénégal était développé par les Mines de Nancy.

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