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L'Etat français rentre à 9 % dans les ex-Chantiers de l'Atlantique

12/06/2008
Ce matin, un accord de partenariat industriel a été signé avec STX Shipbuilding avec à la clé l'entrée à hauteur de 9 % de l'Etat français dans le capital d'Aker Yards France.
L'Etat français rentre à 9 % dans les ex-Chantiers de l'Atlantique Nouvelle vague aux ex-Chantiers de l'Atlantique, le dernier grand constructeur naval civil de l'Hexagone. L'Etat français, qui a signé ce matin un accord de partenariat industriel avec le Sud-Coréen STX Shipbuilding (qui détient depuis octobre 2007 39,2 % du capital du Norvégien Aker Yards, propriétaire depuis mai 2006 de 75 % des chantiers navals de Saint-Nazaire et de Lorient), devrait rentrer à hauteur de 9 % dans le capital d'Aker Yards France.

Paraphé par le Premier ministre François Fillon, la ministre de l'Economie Christine Lagarde et le président de STX Duk Soo Kang, ce partenariat est censé préserver « les intérêts stratégiques français », en sécurisant les décisions primordiales de l'entreprise (emploi, stratégie industrielle, évolution de l'activité et du capital) et en engageant STX à respecter le secret-défense en matière de collaboration des ex-Chantiers de l'Atlantique avec la Marine nationale française (notamment sur le projet de deuxième porte-avions).

Une surprise pour les syndicats, mais aussi pour Aker Yards

Selon Reuters, une source proche du dossier a ajouté que l'Etat pourrait aussi reprendre les 25 % du capital d'Aker Yards France détenu par Alstom, ancien propriétaire des chantiers de Saint-Nazaire et de Lorient, qui s'est engagé à conserver cette part jusqu'en 2010. L'Etat français atteindrait ainsi une minorité de blocage. De son côté, Alstom s'est refusé à tout commentaire.

Le communiqué de Bercy indique que l'entrée de l'Etat au capital des ex-Chantiers de l'Atlantique se fera sous réserve d'une approbation par le conseil d'administration d'Aker Yards. Or, à Oslo, ce dernier s'est dit « surpris d'apprendre par voie de presse cette annonce. Notre groupe n'a vendu aucune action de sa filiale française. Et STX ne détient pas de titres dans Aker Yards France, détenu à 75 % par Aker Yards et 25 % par Alstom. » Or, l'Etat français a précisé que ses 9 % s'ajouteront aux 25 % d'Alstom. Aker Yards considère comme « improbable une cession d'une partie de nos activités, si les conditions ne sont pas attrayantes à la fois pour nos propriétaires et pour le développement futur de la société ».

Du côté des syndicats des ex-Chantiers de l'Atlantique, qui emploie près de 3 000 personnes, la satisfaction reste mesurée. « Ils n'ont pas réussi à construire une solution européenne, mais au moins l'Etat français a montré sa volonté de protéger le dernier chantier naval français », a déclaré à l'AFP Marc Ménager de la CFDT. L'acquisition d'une minorité de contrôle d'Aker Yards par STX Shipbuilding en octobre avait nourri des craintes de délocalisation vers les zones à bas coût en Asie. « Dans cet imbroglio économique, l'Etat français s'engage, on en est très contents, mais ça ne nous donne pas 10 ans de garantie d'emplois. Maintenant il reste à venir les commandes », a-t-il ajouté, car le plan de charge n'est plein que jusqu'en 2010. Joël Cadoret de la CGT se demande également quel pouvoir aura l'Etat, quelle politique et quelle stratégie industrielle pourra être développée au sein du groupe.

Matthieu Maury

Pour en savoir plus : Chantiers navals : l'Europe en rade et sans réaction (réservé aux abonnés)

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