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L’Etat aide Farinia à racheter la Société des aciers fins de l'Est

Par Ana Lutzky - Publié le
Métal fonderie
© DR

Le Fonds de Modernisation des Equipementiers Automobiles (FMEA) va mettre la main à la poche. Il annonce un investissement de 11.5 millions d’euros par accompagner la reprise des activités de la SAFE par le groupe Farinia. L’acquisition avait été officialisée le 26 avril.

Objectif : faire émerger un leader français et européen dans les pièces forgées pour l’automobile. L’acquisition de la SAFE par Farinia s’inscrit dans un contexte de consolidation dans la filière forge en France. Le nouvel ensemble combinera le savoir-faire industriel sur toutes les techniques de forgeage. A chaud, à froid et à mi-chaud.
 
Reste qu’il faut moderniser l’outil. Le projet de reprise inclut entre autres environ 30 millions d’euros d’investissements dans un lifting industriel de la SAFE d’ici à 2016.  Une nouvelle holding, Forge & Développement ("F&D") sera créée, et réalisera un chiffre d’affaires d’environ 80 millions d’euros en 2011, prévoit un communiqué du ministère de l’industrie.

Un fonds alimenté par le FSI et les deux constructeurs auto
Fonds commun de placement à risque (FCPR), le Fonds de Modernisation des Equipementiers Automobiles (FMEA) est détenu à parité par Renault SA, PSA Peugeot Citroën et le FSI. Il intervient en fonds propres ou quasi fonds propres pour prendre des participations minoritaires dans des acteurs de la filière automobile. Seule condition : être porteur de projets industriels créateurs de valeur et de compétitivité pour l’économie.
Spécialisée dans les composants de boîtes de vitesses et les systèmes d'injection qu'elle fournit principalement au constructeur automobile Renault, la Safe avait perdu près de 10 millions d'euros en 2010. En décembre 2010, l'entreprise n'avait pu payer les salaires qu'en ayant recours à un fonds de garantie. Installée à Hagondange (Moselle), elle avait été placée en redressement judiciaire le 5 janvier.

Le groupe Farinia portera son activité dans la forge à environ 185 millions d’euros. Les activités de la SAFE y seront logées dans 3 filiales opérationnelles ("Safe Near Net" pour la forge à froid et mi-chaud, "Safe Hot Formers" pour la forge à chaud et "Safe Outillages & Services").

Garanties sur l'emploi

"Les trois quarts des emplois salariés actuels seront maintenus", indique le communiqué du gouvernement. La fonderie Farinia avait été désignée hier par le tribunal de commerce de Metz pour reprendre la Safe, après s'être engagé à conserver 80% des 320 emplois. C'est donc une soixantaine de salariés qui seront sacrifiés.

L’entrée du FMEA dans la ronde faisait également partie du "deal". Lors de l'audience devant le tribunal de commerce, le 13 avril, le dirigeant de Farinia, Frédéric Guinot, s'était engagé injecter 28 millions d'euros. Avec le concours du fonds. L’investissement FMEA sera minoritaire : le fonds détiendra 30% du capital de F&D via son fonds Rang 1. Conformément à sa doctrine, le FMEA sera présent au Conseil d’Administration de la société et jouera un rôle actif dans sa gouvernance.

Farinia a déjà montré son savoir-faire opérationnel suite à la reprise de Setforge en 2009, fait valoir le gouvernement. Fondé en 2002, Farinia, qui a des activités de fonderie, de forge et d'usinage, compte 1.100 employés et neuf sites de production, dont six en France. En 2008, son chiffre d'affaires s'est élevé à 142 millions d'euros.Cette nouvelle reprise stratégique est accueillie "de façon positive par l’ensemble des clients constructeurs". Selon le communiqué, les constructeurs sont "sensibles à la création d’un ensemble compétitif et pérenne, bénéficiant de synergies industrielles et commerciales significatives avec le groupe Farinia".

Le tribunal de commerce de Metz (Moselle) s'est prononcé mardi 26 avril en faveur du projet de reprise du Français Farinia, préféré à l'Italien Bifrangi, qui prévoyait lui une cinquantaine de suppressions de postes.





 

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