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L’Espagnol Agbar apporte de l’eau au moulin international de Suez Environnement

Par Yann Le Houelleur - Publié le

La divulgation des résultats semestriels de Suez Environnement, très prometteurs, est survenue au lendemain de l’annonce d’un contrat remporté par sa filiale Agbar (Eaux de Barcelone) dans les Baléares. Cette «possession» espagnole va contribuer à booster l’expansion du spécialiste français de l’assainissement, notamment à l’international puisqu’elle bénéficie d’une bonne implantation en Amérique latine.

Tout semble bien aller pour Suez Environnement, groupe détenu à 35 % par GDF Suez, qui a un pied dans la gestion de l’eau et un autre dans celle des déchets. Une pluie de bonnes nouvelles, le 4 août 2010, à l’occasion de la divulgation des résultats semestriels du groupe. Par rapport au premier semestre 2009, le chiffre d’affaires a enflé de 10,8 %, s’élevant à 5,6 milliards d’euros. Sur l’ensemble du premier semestre, le bénéfice net a plus que doublé : 386 millions d’euros contre 175 millions sur la même période en 2009. Seule ombre au tableau : la dette financière dépassait 8,2 milliards d’euros en date du 30 juin 2010.
Suez Environnement s’attend à une progression de son chiffre d’affaires en 2010 bien supérieure à celle initialement prévue : au lieu de 5 %, ce pourrait être 7 %.

Les dirigeants du groupe ont annoncé que les investissements atteindraient 1,3 milliard d’euros cette année, dans le meilleur des cas. Près de la moitié d’un tel montant correspond à la montée en force de Suez Environnement dans le capital d’Agbar. Désormais, le Français détient 75 % de cette holding connue également en Espagne sous le nom de «Aguas de Barcelona». L’actionnaire minoritaire, le groupe bancaire Caixa, se contente du restant.


Fer de lance

Embrassant quelque 150 entreprises, le holding Agbar est le second pilier dans le «business de l’eau» de Suez Environnement, faisant contrepoids à son pôle d’activités historique en France. Agbar s’avère même être le fer de lance de «la relance à l’international» de Suez Environnement qui réalise «seulement» 20 % de son chiffre d’affaires hors du périmètre européen. L’un des chargés de communication de Suez Environnement à Paris évoque «un objectif de 30 % d’ici quelques années».

La veille de la publication de ces fructueux résultats trimestriels, Agbar remportait un contrat dans les îles Baléares qui semblait montrer à quel point le potentiel de développement en Europe et plus particulièrement dans la partie méridionale du continent demeure important.
Le contrat de concession signé avec la municipalité de Calvia, d’une durée initiale de 20 ans, vient s’ajouter aux 23 contrats honorés par Agbar dans ces îles, qui ont la particularité suivante : en été, la population s’accroît «dangereusement» en raison de la vague des touristes. Rien qu’à Calvia, sous un soleil de plomb, plus de 150.000 personnes au lieu de 52.000 en basse saison.
«Il y a encore beaucoup de choses à faire dans les pays européens bordés par la Méditerranée, en particulier en Espagne, mais aussi sur des marchés comme laGrèce soumis à une déréglementation du secteur de l’assainissement», souligne-t-on au siège de Suez Environnement à Paris.


Dessalement de l'eau de mer

Stress hydrique et pénurie de matières premières : «L’eau vient à manquer dans nombre de régions, à tel point qu’il devient nécessaire de mettre l’accent, entre autres sources d’approvisionnement, sur des technologies telles que le dessalement de l’eau de mer.»
Suez Environnement a déjà pris pied dans plusieurs pays de la zone Asie-Pacifique, à commencer par la Chine. Dans ce pays, il vient de signer un nouveau contrat, sur 30 ans, pour le traitement des eaux d’un site industriel et chimique, à Chongqing Changshou. Il devrait «se servir» d’Agbar comme un vecteur de croissance à l’international, puisque cette entreprise espagnole est bien implantée dans une toute autre région du monde, en plein essor économique elle aussi : l’Amérique latine. «Agbar est le leader de l’assainissement au Chili», se réjouit-on chez Suez Environnement.

Autres pays où Agbar a posé ses jalons : le Brésil (marché dont il s’était détourné en 2005 et où il a effectué son retour en 2009, plus précisément dans l’Etat de Goias), l’Argentine, s’avérant toutefois problématique pour lui, ainsi que  - très partiellement - Cuba.

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