L'Espagne imagine le solaire thermique du futur
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leDOSSIER La « Ford T » du solaire reste à inventer. Les ingénieurs de la plate-forme solaire d'Almeria comptent bien y parvenir. Reportage.
C'est peut-être au milieu des cactus du désert de Tabernas en Andalousie, que se joue l'avenir de la planète. C'est en tout cas là, sur la « plate-forme solaire » d'Almeria que l'esprit humain élabore ce qui se fait de mieux en matière de solaire thermique. « Par la diversité de nos technologies, nous nous plaçons devant les américains des laboratoires Sandia d'Albuquerque et l'institut Weizmann en Israël », soutient Diego Martinez, le directeur de la plate-forme.
L'histoire commence à la fin des années 70... en pleine crise du western spaghetti. La région perd sa principale industrie locale, le ciné- ma, et cherche un second souffle. Ce sera le solaire. Arrosé de lumière 3 000 heures par an, Tabernas apparaît idéal. Aux cow-boys succèdent donc une armée de techniciens, d'ingénieurs, de chercheurs. Tous obsédés par le prix de l'électricité issue du solaire thermique, encore deux à quatre fois plus élevée que celle produite par une centrale à charbon.
Champs d'héliostats avec récepteur centralisé, réflecteurs paraboliques, fours, installations de dépollution ou de dessalement de l'eau... La plate-forme ratisse large. Gérée par le Ciemat, le Centre de recherches énergétiques, environnementales et technologiques espagnol, le site a pour mission d'évaluer différentes technologies et de porter à maturité commerciale les plus valables. C'est d'après le modèle de sa propre tour solaire qu'a été construite celle de Sanlucar La Mayor (près de Séville), la plus puissante au monde (11 MW) dans sa catégorie.
En juillet, Tabernas a inauguré Fresdemo, une centrale pilote de 1 MW pour produire de la vapeur et donc à terme de l'électricité. Ce projet est destiné à optimiser les miroirs de Fresnel linéaires (photo) de l'allemand Solar Power Group (SPG). Selon les protagonistes du projet, qui associe MAN Ferrostaal et le Fraunhofer ISE, cette filière est susceptible d'abaisser d'au moins 15 % le coût du kWh. Dans un premier temps... « Notre technologie a un énorme potentiel. Nous en sommes au point où était l'éolien il y a quinze ans », estime Jacques de Lalaing, le directeur de SPG, devant le petit jet de vapeur qui témoigne du bon fonctionnement de l'installation. Rendez-vous en 2020.
D'Alméria, J.-C. G.

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