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L'EPR finlandais pourrait encore coûter cher à Areva

Par Astrid Gouzik - Publié le
Areva - EPR Finlande
© D.R.

Le député socialiste Marc Goua, membre de la commission des finances, a présenté mardi 11 octobre un pré-rapport sur de probables nouvelles provisions d’Areva.

Dans son pré-rapport, dévoilé mardi devant l’Assemblée nationale, deux éléments sont particulièrement mis en cause sur les nouvelles provisions qu’Areva pourrait devoir passer : les dépenses liées à l'acquisition de trois mines en développement de la société UraMin en Afrique, et à l’EPR finlandais.

Pour ce qui concerne les mines d’uranium, Areva a surtout été confronté à des difficultés de gestion.  Elles ont coûté cher (1,8 milliard d’euros) au groupe nucléaire et rapportent peu puisqu’elles ne produisent toujours rien. D’autre part, Areva a dû faire face au recul des prix.

Quant à l’EPR finlandais, c’est un gouffre financier pour Areva, comme l’indiquait déjà L’Usine Nouvelle en juin 2011. Le premier exemplaire de la série accuse un retard de quatre ans et la facture ne cesse de s’alourdir. L’EPR finlandais aura finalement coûté au total 5,6 milliards d’euros alors que le prix était initialement fixé à 3 milliards. Un tarif volontairement sous-évalué dès le départ afin de vendre le réacteur nucléaire de 3eme génération.

Les coûts de production et les pénalités de retard ont déjà obligé Areva à procéder à d’importantes provisions (2,6 milliards d’euros)… et déclenché par la même occasion des conflits avec leur client finlandais TVO.

Heureusement, les autres EPR posent moins de problèmes au constructeur. Le retard dans la construction de l’EPR de Flamanville n’incombe pas à Areva mais à EDF, et les deux EPR chinois devraient être livrés en temps et en heure et rapporter de l’argent au groupe.

Néanmoins, Marc Goua précise que les dépenses inhérentes à l’EPR devraient entraîner de nouvelles provisions dans les comptes d’Areva. "Je ne suis pas sûr que l'on en ait fini avec les surcoûts de l'EPR finlandais", déclare-t-il à la Tribune.

Interrogé par l'AFP, Areva, qui doit présenter un nouveau plan stratégique en décembre prenant en compte les conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, n'a pas souhaité faire de commentaire. "S'il y a des provisions, elles seront décidées en fin d'année", rappelle une porte-parole. Le groupe avait toutefois déclaré en juillet que, dans le nouveau plan stratégique, certains actifs pourraient faire l’objet de dépréciations. Les mines d’Uranium et l’EPR finlandais étaient clairement visés.

Mercredi 12 octobre, Luc Oursel, le nouveau patron d’Areva, doit être entendu à l’Assemblée nationale.

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