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L'EPA ouvre le « plan B » pour que les Etats-Unis s’engagent sur le climat

Par Ana Lutzky - Publié le
Obama-Carbone
© AFP

L'Agence américaine de protection de l'environnement peut désormais contraindre les Etats-Unis à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre, en attendant que le Sénat vote le plan climat début 2010.

L’événement est réglé comme du papier à musique. Le 7 décembre, jour de l’ouverture de la conférence sur le climat de Copenhague, une porte s’ouvre pour une réduction légale des émissions de gaz à effet de serre (GES) aux Etats-Unis. La directrice de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) Lisa Jackson a, signé hier un décret selon lequel six gaz à effet de serre (GES) constituent une menace pour la santé publique : CO2, méthane, oxyde nitreux, hydrofluorocarbone, hydrocarbure fluoré et hexafluorure de soufre. Cette signature historique constitue le « plan B » à la portée du président Barack Obama pour contraindre sur le territoire américain à des émissions de GES, en attendant que le plan climat soit voté au Sénat. Adopté en juin à la Chambre des représentants, le projet de loi démocrate qui prévoit de réduire les émissions de CO2 ne doit en effet pas être adopté au Sénat avant 2010. Le décret "EPA" permet concrètement d'atteindre l'objectif d’Obama affiché à Copenhague de 17 % de réduction des émissions de GES d'ici à 2020 par rapport à 2005 sans passer par la voie législative.

L'EPA avait déjà en avril 2009 conclu que les gaz à effet de serre contribuent à la pollution atmosphérique qui peut mettre en danger la santé publique ou le bien-être, suite à la réalisation d'une revue scientifique complète commandée en 2007 par la Cour Suprême des États-Unis. En publiant hier son avis final, l'Agence ouvre la voie à une régulation de ces émissions dans un pays qui n'a jamais ratifié le protocole de Kyoto.


 

Jean-Louis Borloo plaide pour le fonds « justice climat »

En ouverture du sommet de Copenhague, le ministre chargé de l’environnement Jean-Louis Borloo a proposé la création d’un fonds public additionnel pour les pays du Sud. Un fonds à la frontière de l’aide au développement et de l’adaptation au changement climatique : accès de l’intégralité des populations des pays les plus pauvres à l’énergie, lutte contre la désertification et l’érosion côtière et fluviale, et développement de l’agriculture de proximité. Ce fonds public, «qu’on le nomme ‘fonds Justice Climat’ ou autrement», devrait être doté de 600 milliards de dollars –30 milliards par an sur 20 ans, ou 60 milliards par an sur 10 ans, «ce qui est donc parfaitement faisable». Il doit venir en complément des 100 milliards par an nécessaires pour l’adaptation et l’atténuation du changement climatique dans l’ensemble des pays en développement, et devra être alimenté par le produit d’une taxe internationale sur les transactions financières. Le ministre estime qu’un financement anticipé de 10 milliards de dollars par an devrait être mis en place, dont 20% pour la forêt

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